Je reprends (en le fractionnant en 3 parties) un article publié dans le Monde du 12 mai, sous la signature de Amitai Etzioni,  sociologue, professeur à l'université George-Washington (Washington DC) et traduit de l'anglais par Myriam Dennehy  Une analyse originale de la situation que je trouve assez réaliste.
En cherchant à gommer ces cultures nationales, on risque un appauvrissement. C'est justement la crainte d'une telle déperdition qui attire tant d'électeurs européens vers des partis politiques hostiles à l'immigration, et qui alimente des sentiments antipalestiniens en Israël. La seule position raisonnable consiste donc à respecter la diversité au sein de l'unité : chaque nation définirait quelles sont les règles qui doivent être partagées par tous, et jusqu'où chaque communauté est libre de suivre ses propres traditions. Ainsi, au Royaume-Uni, au lieu de fusionner tous les groupes ethniques, comme on l'a récemment suggéré, il serait préférable de les accepter en tant que tels, pour autant qu'ils ne menacent pas les valeurs et les institutions nationales communes.
En Israël, cela impliquerait non seulement de respecter le droit des juifs et des Arabes à pratiquer librement leur religion, mais aussi à n'en pratiquer aucune. Qui plus est, les prêcheurs de haine et apôtres de la violence ne devraient bénéficier d'aucune complaisance. Il faudrait aussi lever les mesures discriminatoires contre les Arabes israéliens et les juifs laïques en matière de subsides et de privilèges alloués par l'Etat, comme c'est le cas dans l'attribution de bourses d'études.
La sociologie nous enseigne que les sociétés sont des organismes complexes, animés de besoins et de valeurs diverses parmi lesquelles on ne saurait en privilégier certaines qu'au détriment d'autres. Il n'est pas possible de ménager les susceptibilités de chacune des minorités sans risquer de compromettre l'essentiel : la communauté nationale.
Tout effort visant à assimiler complètement les minorités (au mépris de leur culture propre) ou à liquider l'ethos national (au détriment de la culture commune) ne servira qu'à exacerber les conflits et les tensions. L'intérêt général voudrait plutôt que l'on parvienne à un juste dosage entre les apports positifs de la diversité et les valeurs fondamentales que nous sommes tenus de partager, tous autant que nous sommes
Jean Bisson – 19 05 2008 (fin de cet article. Qu’en pensez-vous ?)

Je reprends (en le fractionnant en 3 parties) un article publié dans le Monde du 12 mai, sous la signature de Amitai Etzioni,  sociologue, professeur à l'université George-Washington (Washington DC) et traduit de l'anglais par Myriam Dennehy  Une analyse originale de la situation que je trouve assez réaliste.
Le second volet de l'argumentaire soulève des enjeux plus délicats, qui concernent tout aussi bien d'autres nations : Israël, contenu dans ses frontières de 1967, devrait s'ouvrir au multiculturalisme. C'est-à-dire renoncer à ses valeurs juives pour devenir un Etat culturellement neutre, capable d'assurer l'intégration de plus d'un million de citoyens arabes (soit environ un cinquième de la population israélienne). Cela permettrait par la même occasion aux juifs laïques de s'affranchir de ce qui est perçu comme un régime rabbinique oppressif. (Aujourd'hui, en Israël, on ne peut pas se marier, divorcer ni être enterré sans en référer à une autorité religieuse, juive, musulmane ou autre.)
Ces considérations semblent pourtant négliger le fait que toutes les nations, fussent-elles aussi vastes que les Etats-Unis ou la Chine, ont chacune au moins quelque chose en commun : des valeurs, une histoire, une identité partagée. Si l'on en faisait des Etats neutres, elles seraient dépossédées de la dimension positive que nous apportent les communautés. Cette dimension ne doit pas être sous-estimée : on peut être prêt à mourir pour sa patrie, s'indigner personnellement de l'entendre dénigrée ou, tout simplement, éprouver de la fierté à voir ses compatriotes remporter une compétition internationale ou une médaille aux Jeux olympiques.
Les défenseurs des droits individuels prétendent que les valeurs communes des Israéliens juifs se sont de toute façon dissoutes, et que même les autres nations n'ont que de vagues notions de leur culture commune : au Royaume-Uni, la notion de "britishness" ("britannicité") se résumerait à un goût immodéré pour la bière tiède et le cricket. On constate néanmoins que les nations dépourvues de valeurs fédératrices fortes s'exposent à des sécessions (comme au Canada ou en Espagne) et peinent à mettre en place une politique nationale qui exige des sacrifices pour le bien commun.
D'ailleurs, toute nation digne de ce nom a bien une certaine orientation culturelle. Vous pouvez ricaner en entendant parler de l'Europe comme d'un continent chrétien, le fait est que le repos dominical y tient lieu de règle (et non le shabbat juif ou le vendredi des musulmans), les vacances suivent le calendrier des fêtes chrétiennes, et même les manuels scolaires ainsi que divers rites publics véhiculent des valeurs chrétiennes.
Jean Bisson 18 05 2008 (demain suite et fin de cet article)

Je reprends (en le fractionnant en 3 parties) un article publié dans le Monde du 12 mai, sous la signature de Amitai Etzioni,  sociologue, professeur à l'université George-Washington (Washington DC) et traduit de l'anglais par Myriam Dennehy  Une analyse originale de la situation que je trouve assez réaliste.

Est-il opportun qu'Israël soit un Etat juif ? Autant se demander s'il est bien nécessaire que le pape soit catholique. Les défenseurs des droits individuels se posent tout de même la question, en s'inspirant d'arguments déjà fourbis dans certains pays où l'on appelle à mettre l'identité nationale en sourdine afin que les minorités se sentent plus à leur aise et évitent d'engendrer des terroristes. Ce type d'arguments refuse de prendre en considération l'apport bénéfique de la communauté nationale, de ses valeurs fondamentales et de son identité, ciment qui empêche une nation de tomber en morceaux.
En Israël, le plaidoyer en faveur des minorités et des droits individuels s'articule autour de deux arguments. Le plus évident, si l'on peut dire, fait valoir qu'une occupation prolongée de la Cisjordanie condamnerait Israël soit à rester une puissance coloniale, soit à renoncer à son identité juive au profit d'un Etat binational. Seul un retour aux frontières de 1967 (légèrement rectifiées) pourrait enrayer les désastres de l'occupation et ses effets corrosifs sur l'âme d'Israël, en préservant par ailleurs une base démographique essentielle à un Etat juif et démocratique. (à suivre demain)
Jean Bisson 17 05 2008

L'Association des Anciens de la Maîtrise organise un colloque samedi 17 mai à 11 h au Centre Diocésain 20 rue Mégevand à Besançon - Salle B.
En quoi les trois grandes religions monothéistes contribuent-elles à promouvoir la paix autour d'elles ?
Yves Calais, ancien délégué diocésain aux questions oecuméniques, intervenant dans divers groupes sur les questions oecuméniques et interreligieuses, Maurice Bez, Délégué diocésain aux relations avec l'Islam et Dominique Banet, Délégué diocésain aux relations avec le judaïsme animeront cette rencontre.
Une réflexion intéressante ouverte à tous !
Jean Bisson 16 05 2008

Le blocage de la loi sur les OGM, arraché hier à 1 voix de majorité par l’opposition de l’Assemblée Nationale, a dû  fortement agacer le Président de la République ! Cet échec est un camouflet pour M. François Coppé qui n’a su motiver la majorité dont il est l’animateur.
Si l’opposition peut se réjouir, elle ne doit pas oublier que le Premier Ministre, M. Fillon, va confier le texte à une commission inter-parlementaire et que le nouveau texte passera. Ce n’est donc qu’un retard. Mais ce coup de procédure restera un avertissement pour les Gouvernements… Reste entier le problème des OGM qui envahissent le monde et nos assiettes. Reste qu’un produit contenant moins de 0,9 % d’OGM n’est pas astreint à être étiqueté et donc peut être déclaré sans OGM ! Reste que c’est l’avenir de l’homme qui est joué.
N’est-il pas déjà trop tard ? Et cette interrogation est dramatique.
Jean Bisson - 15 05 2008

Il y a quelques jours (voir ma brève du 10 mai), j’ai déjà abordé la position réservée de l’actuel Président du Conseil Français du Culte Musulman (CFCM). Il venait d’exposer pourquoi il ne se représenterait pas aux prochaines élections pour le renouvellement de cette instance.
A son tour, l‘Union des Organisations Islamiques de France) vient de s’exprimer. L'UOIF dénonce et refuse toute ingérence dans la gestion de la communauté musulmane de France, qu’elle vienne de l’Etat français, ou qu’elle s’inspire ailleurs. Fouad Alaoui, responsable de l’UOIF, a été clair en affirmant : "Les liens affectifs avec nos pays d'origine sont importants, mais ne doivent pas exister aux dépens de notre unité de citoyens d'un même pays. Les enjeux diplomatiques doivent être étrangers à ce dossier". Il n’a pas caché qu’il serait candidat à la présidence du CFCM.
Un troisième courant, le Rassemblement des Musulmans de France (RMF) a, de son côté, fait savoir qu’il présenterait un candidat à la présidence de CFCM; mais aucun nom n’a été avancé.
Enfin la communauté française des Musulmans de Turquie a publié l'identité de son candidat : Monsieur Haydar Demiryurek.
Il y aura donc au moins trois candidats; quatre si un représentant du GMP (Grande Mosquée de Paris) se présentait. On voit ainsi des candidatures qui mettent l’accent sur les origines nationales plutôt que sur une volonté de gérer - ensemble - les questions de l’Islam de France en gommant la diversité des origines. Une évolution qui marquerait la volonté de cette communauté d’inscrire vraiment l’Islam dans la République française. Un tournant difficile à prendre, mais ces divisions ne peuvent qu’affaiblir l’Islam.
Jean Bisson 14 05 2008

Lundi matin, 12 mai, un violent tremblement de terre a secoué la Province de Sichuan, d’une force de 7,8, presque le sommet de l’échelle de Richter. Nombre d’édifices publics et d’immeubles se sont effondrés, emprisonnant leurs occupants. Les autorités chinoises ont immédiatement envoyé des forces militaires pour aider les secours locaux. La secousse a été ressentie à plus de 3000 km à la ronde, jusqu’à Bankok et sur l’île de Taiwan… Aucun bilan n’a encore été dressé, mais les dégâts matériels sont considérables. On est déjà sûr de 5 000 morts et de 10 000 blessés dans le seul district de Beichuan.
Après le cyclone de Birmanie, ce tremblement de terre frappant la Chine, à moins de 100 jours de l’ouverture des Jeux olympiques, ne peut laisser personne indifférent.  La nature semble narguer les puissants états du monde… Et c’est un peu comme si elle  voulait donner à réfléchir aux hommes sur leur très relative puissance par rapports aux forces naturelles…
Une invitation à une certaine modestie. Une réflexion aussi sur la nécessité d’une solidarité internationale… Une autre dimension de la mondialisation !

Jean Bisson 12 05 2008  (avec un peu d’avance sur l’horaire habituel de mise en ligne !)

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