K.G. von Dürkheim, dans un article (Le Hara - Courrier du Livre - article cité dans le livre d’Annick de Souzenelle «Le symbolisme du corps humain», ma
bible en la matière), s’est livré à une analyse sur l’option fondamentale de l’homme devant son corps.
Ou le corps est «vécu» et devient image du corps divin (l’homme est créé à l’image de Dieu), ou le corps est «entretenu» et identifié alors à une simple machine.
Dans le premier cas l’homme «est un corps» et l’on est dans la spiritualité, dans le second cas l’homme «a un corps» et cet outil se limite au monde des réalités matérielles
observables.
Dans le mythe biblique, l’homme, créé à l’image de Dieu, bénéficie de l’intimité divine et sait qu’il est appelé -post mortem- à rejoindre la déité ; cette
intimité, l’homme la ressent dans son être intérieur devenant, par l’utilisation de symboles, eux-mêmes élevés en signes, son espace spirituel.
Selon que l’homme se réfère au monde intérieur de la spiritualité ou qu’il ne retienne que la connaissance physique matérielle du monde, il se détermine
librement. Ainsi l’homme choisit-il de se nourrir aux plans immédiats extérieur et intérieur (monde physique et monde psychologique) le confinant dans le matérialisme, ou bien il accepte l’écoute
du monde intérieur et spirituel qui devient média intérieur et voie possible en direction d'une entité divine.
Jean Bisson 17 07 2008
Depuis la philosophie grecque, tout spécialement dans la culture latino-chrétienne, s’est installé un univers duel. Avec St
Augustin d’Hippone, au IV° siècle, s’est épanouie la pensée «scolastique». En 1054, un schisme a séparé la théologie orientale de la théologie occidentale et romaine qui s’est ancrée dans l’idée
que l’homme est un «animal raisonnable composé d’une âme et d’un corps». On en est alors arrivé, en Occident, à identifier le mal au corps humain en l’opposant au bien que serait
« l’âme ».
L’Orient chrétien n’a pas suivi, conservant une idée de Dieu plus trinitaire et conservant une place importante à l’Esprit Saint (la vigueur pneumatique).
Il s’en est suivi des incompréhensions sur la valeur symbolique originelle du corps dans les textes de l’Ancien Testament et dans les Evangiles.
Nous avons tous été éduqués dans un certain mépris du corps pour mieux exalter la valeur d’une «âme généreuse» ! Tout ce qui relève de «la chair», donc de
la sexualité, n’est-il pas considéré comme le «péché» par excellence? Et cette notion apparaît justement dans les écrits de St Augustin.
Nous en parlerons dans les brèves suivantes à travers un bref parcours des parties du corps citées dans la Bible. (à suivre)
Jean Bisson 16 07 2008
Le signe est une réalité matérielle (objet, action, personne, etc.), il renvoie à quelque chose de concret.. Un ciel nuageux est "signe" de pluie
!
Le symbole, à partir d'un élément matériel ( objet, action, personne, etc.) renvoie à quelque chose d'abstrait. La colombe est "symbole" de paix…
L'Eglise, inspirée peut-être par l'Esprit-Saint, utilise dans ses rites des symboles. Ils sont une force de vie pour ceux qui les comprennent, qui les reconnaissent et les utilisent: des grâces accordées par le ciel peuvent y répondre. Le symbole prend alors valeur de
signe.
Deux exemples : L'eau du Baptême, est-elle symbole ou signe?
L'eau baptismale est symbole pour celui qui n'y voit que l'accomplissement d'un rite particulier propre aux chrétiens, réalité abstraite. Elle devient signe pour le croyant qui plonge dans la vie du Christ ressuscité, réalité concrétisée par le symbole de l'eau.
L'Eucharistie, est-elle symbole ou signe? Elle est symbole pour qui n'y voit qu'un simple "mémorial", rappel d'un événement historique lointain, réalité abstraite. Elle devient signe pour le croyant qui, à travers sa foi, découvre la présence réelle du Ressuscité, réalité concrétisée matériellement par le pain et vin.
Ainsi, dans l'Eglise, les symboles existent; mais la Foi, la Prière, la Contemplation, sont capables de faire dépasser le symbole qui devient alors pour le
croyant le signe d'une réalité spirituelle. (fin)
Jean Bisson 15 07 2008
« Les sciences et les techniques nous font entrer dans le monde complexe des réalités physiques et matérielles. Nous leur devons
beaucoup.
Mais le musicien, le poète, l'artiste, le spirituel, nous font communiquer avec une autre dimension humaine, plus haute ou plus profonde : ils sont les
explorateurs des sens ! Ils ne cherchent pas à nous délivrer un message, ils nous proposent une expérience.
"Entrez dans ma musique, dans mon poème, dans mon tableau, dans mes rites, et vous y découvrirez un univers que vos yeux ne peuvent voir, que votre intelligence
ne peut appréhender.
La science, la sociologie, la philosophie, la théologie elle-même, ne sont pas capables de rendre compte de toute la complexité humaine. L'homme a besoin de
symboles pour exprimer ce que ses mots ne peuvent dire. Gestes symboliques et rites traduisent ce qui ne peut humainement être dit. Mais l'affaiblissement de la compréhension des symboles
explique le manque d'intérêt actuel pour la Foi. » (de Maurice GRUAU – extrait de L'homme rituel. Ed. Métaillé)
Le théologien ne doit-il pas lui-même passer par "l'expérience symbolique" pour rencontrer ce Dieu que scrute sans cesse son intelligence
: "Je te rends grâce, ô Père, d'avoir caché cela aux sages et aux savants, mais de l'avoir révélé aux tout-petits". (à suivre)
Jean Bisson 14 07 2008
Pourquoi la culture occidentale a-t-elle reléguée le corps au second rang pour glorifier l'intellect, la cérébralité, l'esprit ? Ceux qui
accusent la tradition biblique d’en être responsable n'ont sans doute jamais lu la Bible : ils y auraient découvert la place exceptionnelle du corps !
Pour tout chrétien, dans la Pâque du Christ, c'est bien un être entier (corps et âme) qui est ressuscité ! "Ce qui était, dès le commencement, ce que nous
avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé, ce que nos mains ont touché du Verbe de vie (…), nous vous l'annonçons." (1 Jn 1,
1-3) (à suivre).
Jean Bisson 13 07 2008
Durant l’été, voyages, visites, cure, seront autant de raisons, pour modifier mes habitudes. Je vais donc en profiter pour
abandonner l'actualité et reprendre quelques réfléxions sur le symbolisme.Je commence par publier d’anciennes notes que j’avais alors intitulées : « Plaidoyer pour le
corps ».
Pour prier, on peut se passer de toute construction, de tout objet, de tout accessoire. Mais pas de notre corps. Il est le premier concerné par l'action
symbolique : il est le lieu même de la relation.
Relation avec la création : l'espace, l'environnement, l'air et les odeurs, la lumière et ses couleurs, les sons dans toutes leurs
harmonies, la matière et son toucher… Relation avec les choses, relation avec les autres vivants : végétaux, animaux et humains … Relation avec Dieu, si on le veut et si l'on s'en donne le temps.
Nos attitudes, nos gestes, notre voix et son timbre, notre regard, tout cela se modifie selon la relation que nous avons avec ce qui nous est extérieur, avec ce qui nous est
"autre". (à suivre)
Jean Bisson 12 juillet 2008
Dimanche dernier, le diocèse de Besançon fêtait le 400ième anniversaire du « Miracle de Faverney ». En effet, dans ce bourg
situé à quelque 20 km de Vesoul, en mai 1608, alors que l’église était détruite par un violent incendie, un ostensoir et son hostie consacrée sont restés suspendus dans l’air au-dessus du
brasier. Pendant 33 heures, des milliers de curieux ont, à l’époque, attesté avoir vu cela de leurs propres yeux. Plus tard de nombreux livres ont été écrits sur ce
« miracle ».
Personne n’est contraint de croire à un miracle ! Mais des choses inexpliquées surviennent parfois troubler notre entendement. La Bible est
cousue de ces curiosités ; la manne qui nourrit le peuple juif dans le désert, l’eau changée en vin aux noces de Canna, et pour le chrétien, le pain et le vin changés, à chaque
«consécration eucharistique», en «corps et sang du Christ». Autant de symboles qui disent au croyan quelque chose de Dieu t
En conclusion, je reprends la chute de l’homélie prononcée dimanche dernier à Faverney par le Cardinal Archevêque de Paris, Mgr André Vingt-Trois,
franc-comtois d’origine : « Alors, frères et sœurs, dans la mémoire du 400ième anniversaire, et surtout dans la mémoire plus lointaine du 2000ième anniversaire du don que Jésus a fait de sa vie, dans la mémoire plus lointaine
encore de ce temps où le peuple sorti d'Egypte a été nourri par Dieu à travers le désert, laissez grandir en vous la certitude paisible que Dieu ne nous a pas sortis de l'esclavage et de la mort
pour nous faire crever de faim au milieu du désert ; il ne nous a pas appelé à être baptisés dans son Église pour nous laisser manquer de nourriture et de boissons. Il n'a pas fait de nous des
chrétiens pour nous conduire au désespoir. Il veut nous faire partager sa vie et partager sa vie, c'est la joie de notre vie. Amen. »
Jean Bisson 01 06 2008
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