L’histoire peut-elle être corrigée au gré du politique ? Cela me paraît être une erreur, et même une faute. En Europe, trop d’événements dramatiques ont jalonné le XX° siècle, guerre d’Espagne, nazisme et camps d’extermination, franquisme, exploitations coloniales, pour effacer d’un coup de nationalisme les responsabilités historiques de ces crimes. Ces responsabilités ne doivent pas être cachées. Pour autant, elles n’annulent pas ce que le XX° siècle a pu apporter de positif aux pays colonisés.
On ne peut construire une Europe libérale solide, une Méditerranée harmonieuse, une Afrique prospère, sans admettre les parts d’ombres, sans reconnaître et dénoncer tout ce qui, dans le passé, fut crimes, abus, manques de respect aux hommes, à leurs cultures, à leurs religions. La repentance n’est que l’acceptation lucide d’un passé qui ne nie pas non plus les parts de progrès et de lumière. Pourquoi l’unité nationale française souffrirait-elle de cette vérité ?
« La repentance, celle des évêques de France en 1977, comme celle voulue deux ans plus tôt, par celui qui était alors président, entendait simplement rappeler qu’il arrive que les institutions fassent, au nom de la raison d’Etat, ou par erreur de jugement, des fautes dont les conséquences peuvent être terribles » (1).
"Reconnaître les fléchissements d’hier, est un acte de loyauté et de courage qui nous fait percevoir les tentations et les difficultés d’aujourd’hui, et nous prépare à les affronter." (2)
L’indéniable patrimoine chrétien de l’Europe, avec ses grandeurs et ses faiblesses, a largement contribué à modeler l’Europe des Nations et l’Europe des peuples. Nous devons aujourd’hui regarder avec lucidité l’accueil des citoyens venus d’ailleurs avec leur culture et leur foi. Ils respecteront les traditions et les cultures de l’Europe dans la mesure où nous saurons respecter aussi leurs identités culturelles et leurs fois religieuses. C’est possible grâce aux principes laïcs. Et chacun aurait tout à y gagner !
(1)Citation extraite d’un article de Marc Olivier Baruch, historien, page 19 dans « Le Monde » du 12 mai 2007.
(2)Citation de Jean-Paul II en 1994.
JeB 13 05 2007
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