Suite de la reprise d’un article du quotidien Le Monde du 28 mai.
«Les chrétiens ne contestent pas le droit des autorités à encadrer l'exercice des cultes non musulmans. Elles le font également pour les mosquées. Ils constatent néanmoins que la mise en œuvre de la loi se fait sur la base d'interprétations très élastiques. C'est en vertu de cette loi qu'un prêtre catholique, Pierre Wallez, qui avait prié, dans la période de Noël, avec des clandestins subsahariens chrétiens, à l'ouest du pays, a été condamné à deux mois de prison avec sursis. Plusieurs communautés protestantes, en Kabylie, ont également été contraintes de cesser leurs activités. L'ancien pasteur méthodiste de l'Eglise protestante d'Algérie, Hugh Johnson, résident dans le pays depuis 45 ans, a dû le quitter.
Le ministre des affaires religieuses a accusé la minorité évangélique de vouloir "favoriser l'ingérence étrangère dans les affaires intérieures". Un argument très sensible dans un pays où la religiosité islamique n'a jamais été aussi prégnante et où certains accusent le gouvernement d'en rajouter pour des raisons politiques. Au point, disent-ils, de confondre entre la réglementation du culte et celle des consciences. Le 17 mars, des intellectuels ont lancé une pétition pour défendre "la liberté de conscience, synonyme du droit de chacun de pratiquer la religion de son choix, ou de ne pas pratiquer".
De son côté, le ministre de l'intérieur, Yazid Zerhouni, fait observer que "plusieurs lieux de culte et de prière, musulmans, chrétiens ou autres, qui n'avaient pas d'autorisation, ont été fermés". L'ordonnance de 2006 rend obligatoire, en effet, un agrément pour l'ouverture d'un lieu de culte - y compris musulman - et un autre agrément pour l'imam chargé du prêche. Mais, observe le vice-président de la Ligue des droits de l'homme, Noureddine Beni Issad, la militante évangélique Habiba Kouider n'a pas "été surprise en train de faire acte de prosélytisme. Son seul tort est d'avoir gardé chez elle des manuels religieux". Tout en critiquant les déclarations de Rama Yade - la secrétaire d'Etat française aux droits de l'homme avait qualifié, dimanche, le procès de Tiaret de "triste" et "choquant" -, le journal Liberté admet que, dans ce tribunal, "on juge une personne sur des convictions religieuses qui sont de l'ordre de la sphère privée". »
Comment va réagir le nouvel archevêque d’Alger à cette situation ? C’est avec la plus grande attention que les propos de ce haut responsable catholique, arabe de Jordanie, seront analysés.
(voir brève du 28 mai)
Jean Bisson – 31 05 2008


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