Dans les 27 Etats membres de l’Union européenne, les durées de rétention administrative des étrangers sans papiers varient aujourd'hui de quelques jours à plusieurs mois, voire des années, selon le député Patrick Gaubert du Parti populaire européen. Une nouvelle loi européenne tendrait à unifier sur 18 mois la durée maximale de rétention. Ce serait, pense cet élu, un point de consensus pour avancer dans l'harmonisation des politiques migratoires européennes.

Cette harmonisation ne doit pas conduire à légaliser l'injustifiable, met en garde le pasteur Jean-Arnold de Clermont qui préside la Conférence des Eglises européennes. L'inquiétude des Eglises, qui rejoint celle des ONG, est d'autant plus grande que le projet permettrait de placer en rétention toute personne présentant un risque de fuite ou une menace pour l'ordre public, la sécurité publique ou la sécurité nationale. Les Eglises craignent que ce dispositif prive de liberté les migrants dès lors qu'ils se sont vu refuser un titre de séjour ou l'asile, alors même qu'ils n'ont été reconnus coupables d'aucun crime par une juridiction. L'emprisonnement a toujours reposé sur une décision de justice et non sur une situation administrative, souligne le représentant de la Conférence des Eglises européennes.

La Commission des libertés civiles a proposé que cette interdiction ne soit pas imposée aux Etats membres. Elle a aussi introduit d'autres améliorations du projet: priorité donnée au retour volontaire pendant une période d'au moins quatre mois - interdiction des expulsions collectives - interdiction de placer en rétention les mineurs isolés - autorisation reconnue aux ONG d'accèder aux centres de rétention.

La question de la durée de rétention ne doit pas occulter les nombreuses améliorations apportées par les Parlementaires au projet initial de cette directive, estime Adeline Hazan, députée européenne socialiste. Le Parti socialiste européen  déposera d’ailleurs un nouvel amendement pour tenter de réduire de 18  à 3 mois la durée maximale de rétention, lors du vote en séance plénière prévu pour janvier 2008.

Jean Bisson 23 11 2007 (Demain> ROME : remise de leurs anneaux à 13 nouveaux cardinaux)

Agés de 17 à 23 ans, quatre jeunes de Nantes ont été mis en examen pour dégradations de biens d'autrui. Ils ne supportaient pas la construction de la mosquée Ar-Rahma au nord de leur ville. Pour ces actes de vandalisme, ils encourent trois ans de prison. Ils auraient affirmé s’opposer à la prolifération des mosquées en France, avançant le slogan « Pas d'église à La Mecque, pas de mosquée à Nantes » !

Ces faits de racisme sont certes préoccupants . Ils méritent sanction. Pour autant,  peut-on parler d’un «climat d'islamophobie» ? Comme les profanations de sépultures israélites, ce sont des actions d’individus touchés par l’antisémitisme ou par l’islamophobie. Et c’est bien plus un manque d’éducation et de culture, une peur de l'altérité.

Moi aussi je peux regretter que l’Arabie Saoudite interdise la construction d’églises sur son territoire. Mais en France, dans un contexte laïc - et j’en suis fier -, chacun doit être respectueux de la pensée et de l’appartenance religieuse des autres, français ou étrangers. La France compte plus de 5 millions de musulmans: ils ont le droit de construire et de disposer librement de lieux de culte.

Ces garçons, je l’espère, n’iront pas en prison. S’ils y allaient, ne risqueraient-ils pas d’en sortir plus islamophobes qu’avant ? Ils auraient besoin d’un long stage obligatoire d’éducation civique et d’éducation religieuse, une initiation aux trois religions monothéistes, une réflexion sur le respect des différences et de la liberté de conscience… Moins de prisons et d’avantage de maisons d’éducation ! Je crois que ces jeunes n’ont jamais eu l’occasion de découvrir beauté, altérité, complémentarité, culture et respect des valeurs. Leur accordera-t-on une seconde chance ?

Jean Bisson 22 11 2007 (Demain> RETENTION administrative d'étrangers en Europe)

L'institut Eurostat  a signalé le 15 novembre une poussée d'inflation en Europe.  La hausse de 2,6 % en octobre, se situe bien au-delà des 2 % fixés par la Banque centrale européenne (BCE). L'ensemble de l'Union européenne a atteint un taux de + 2,7 % en octobre (contre 2,2 % en septembre). Les prix à la consommation de la zone euro avaient progressé de 1,7 % sur un an en août. La hausse a été de 2,1 % rien qu’en septembre 2007. La Banque de France estime que "la situation s'est singulièrement dégradée en octobre en France" où la hausse des prix a atteint 2,1 %. L'Italie est à + 2,3 % et l'Allemagne à + 2,7 %,  la Pologne à 3,1 %. l'Espagne à + 3,6 %, la Lettonie bat le record à + 13,2 % !  Le taux d'inflation en  Chine serait actuellement de + 6,5 % !

Les causes de cette flambée sont évidemment  les prix de l'énergie (+ 5,5 % en octobre) et des produits alimentaires (+ 3,8 %). Les carburants ont progressé de 8,9 %. Lait, fromages et oeufs ont pris 7,6 %, quant au pain et céréales la majoration atteint (officiellement)  5,4 %.
Par ailleurs, le coût des produits importés est également en nette augmentation, puisqu'il répercute bien entendu  la  hausse de l’énergie et des produits de base.

Faut-il s’alarmer ? Non, dit Jean-Claude Trichet,  Président de la Banque Centrale Européenne, qui, à propos de l'inflation européenne, pense que la hausse conjoncturelle présente devrait être suivie d’un ralentissement du taux d'inflation. Mais il ne dit pas quand !
La hausse réelle des prix à la consommation, bien ressentie par les consommateurs,  commence à alimenter des exigences salariales, comme celles des cheminots allemands qui revendiquent une revalorisation de 30 % de leurs rémunérations.
Le bras de fer pour le maintien du pouvoir d’achat ne fait que s’esquisser. Mais il faut s’attendre à de sérieux (et graves...) conflits.
Jean Bisson 21 XI 2007 (Demain > Nantes: dégradation dune mosquée en construction)

C'est vrai, les grèves gênent tous les usagers et plus particulièrement ceux des transports publics. Depuis une semaine, faute de trains, j’ai dû, pour honorer des rendez-vous, parcourir plus de 2200 km en voiture…

J’ai aussi parcouru, virtuellement cette fois, quelques blogs abordant le sujet des grèves, lu la presse, regardé les JT… J’y ai découvert, avec une véritable angoisse, l’abîme qui sépare les uns des autres ! J’y ai aussi mesuré combien chacun est sûr de «SA» vérité, et rapide à condamner qui ne partage pas son opinion !

J’y ai lu, entre autres, qu’«un fonctionnaire ne devrait pas avoir le droit de grève»,  qu’«il faut interdire la grève dans tous les services publics» et même qu’«un chrétien ne devrait jamais s’associer à une grève » !

Attendre 8 jours pour s’asseoir à une table de négociations, c’est trop long. A qui la faute ? Je n’en sais rien. Elle est probablement partagée. Mais ceux qui en sont responsables ou complices, sont à blâmer. Il conviendrait d'étudier, sans passion, les  causes vraies du conflit. Les autorités (Gouvernement et Employeurs) doivent respecter leurs interlocuteurs. Tout mépris, toute humiliation fait croître les difficultés et creuse inutilement de plus larges fossés.

Comme toute guerre, la grève est un conflit. Un conflit qui n’a pu, su ou voulu être évité. Parce que chaque partenaire a refusé quelque chose, s'est bloqué sur une position. Mais j’affirme que toute guerre ou toute grève est un conflit inutile, qui fait toujours des victimes, et qui doit toujours se terminer autour d’une table pour négocier. Ce que l'on n'a pas voulu faire avant.

In fine, un conflit permet seulement, au plus fort, d’imposer SA position. Ce n’est pas là ma conception du fonctionnement démocratique, et moins encore ma vision de la culture chrétienne à laquelle je prétends appartenir.

La droite, actuellement au pouvoir, ne doit pas se tromper d’objectif. Il ne s’agit pas d’une grève politique. Il s’agit d’un sursaut social s’appuyant sur des revendications fondamentales concernant le niveau de vie, le niveau des retraites de demain. Il y a un ras-le-bol (et une angoisse) de ceux qui constatent l'augmentation de tous les produits de base … Il y a eu de l’argent distribué, aux riches, dès l’arrivée au pouvoir du nouveau prince. Il y aura des dépenses, pour l'Etat, en accroissement de 41 milliards pour 2008, et qui augmenteront encore le déficit de la France… Il y a les augmentations accordées maladroitement au prince, alors qu'en face s'accroîssent les pauvretés.

C’est pour du pain que le peuple de Paris a renversé la royauté. Il y a lieu d’être inquiet quand le Général Commandant en chef de la Gendarmerie nationale se fait huer par ses propres troupes, ce qui est arrivé la semaine dernière pourrait être prémonitoire!

Jean Bisson 20 11 2007 (Demain : l’inflation actuelle en Europe)

Le 19 novembre, a lieu, à Vientiane (Laos), la 65ième session du Conseil permanent de la Francophonie. Cette instance est composée des représentants personnels des chefs d'Etat et des gouvernements membres.

Les 20 et 21 novembre, dans la foulée et toujours à Vientiane, Jean-Marie Bockel, Secrétaire d'Etat chargé de la Coopération et de la Francophonie, conduira la délégation française à la 23ième session de la Conférence ministérielle de la Francophonie. Cette Conférence réunit les ministres des 55 Etats et gouvernements membres et des 13 pays observateurs de l'Organisation internationale de la Francophonie. Elle assure la continuité politique des travaux de l'Organisation dans l'intervalle des sommets de chefs d'Etat et de gouvernements.

Le prochain sommet de chefs d'Etat et des gouvernements des pays ayant le français en partage se tiendra à Québec du 17 au 19 octobre 2008.

Si l’usage du français poursuit son déclin dans le monde, les efforts de ces instances tentent du moins de le ralentir ! La perspective, c’est que le français demeure une langue et une référence de culture.

Jean Bisson  19 XI 2007

Le Journal «Réforme» et l’«Institut de l’Entreprise» organisaient à Paris, début novembreun colloque sur le thème: «Les religions face à la mondialisation». « L’argent et l’économie d’un côté, Dieu de l’autre » : une réalité qui justifie cet échange! Il est vrai que les enjeux économiques des temps actuels sont sources de tension entre dirigeants économiques et traditions religieuses, juive, chrétienne et musulmane. La vision de la personne humaine développée par les religions est-elle conciliable avec la conception des dirigeants économiques?  Dans notre monde, malgré les techniques nouvelles de communication, chaque domaine est cloisonné. On ressent aujourd’hui un besoin de rencontre, une nécessité d’ouvrir un dialogue. C’est ce que déclarait Mgr Jean Charles Descubes, évêque de Rouen et président du Conseil pour les questions familiales et sociales de la Conférence des évêques de France. Il ne s’agit pas pour l’un de dire à l’autre ce qu’il doit faire, mais par le dialogue, de permettre à chacun de s’assurer que son intelligence reste ouverte. Aujourd’hui, pour la majorité des religieux,, il apparaît clairement que l’économie ne peut, à elle seule, réaliser le bonheur de l’homme.
Sur la manière de faire progresser le monde sans perdre de vue la place de l’homme, des théologiens des différentes traditions religieuses étaient donc invités à présenter leur analyse sur l’avenir. L’économiste et théologien catholique Edouard Herr, s.j, professeur d’éthique sociale à l’institut d’Etudes théologiques de Bruxelles, pense que « le théologien devrait pouvoir montrer où sont et à travers quelles disciplines se trouve une intersection entre les deux logiques, celle du salut de l’homme, l’histoire du salut raconté dans la Bible, et de l’autre côté la formidable logique de la mondialisation ». Dans le cas des religions monothéistes, aujourd’hui invitées à faire front commun face aux dirigeants économiques, il voit comme « une perspective d’unité » qui appelle l’humanité « à se relier à ce Dieu unique, et qui amènerait les religions monothéistes à se trouver d’accord sur certaines exigences de justice et d’égalité ».

A Assise, on voulait que les religions puissent se trouver des terrains communs de prière, et d’engagement pour la paix. Ne pourrait-on pas penser qu’à ce colloque, ce que l’on a cherché, c’est de trouver des engagements communs à la mondialisation économique - qui est une réalité incontournable - et aux monothéismes. C'est ensemble - monde économique et monde de la spiritualité - qu'il faut tendre vers une meilleure justice sociale et vers un équilibre respectueux.  Le monde de demain  ne peut se construire sur aucune exclusion.

Jean Bisson 18 11 2007

A la Conférence des Ministres européens de la Justice, tenue en Espagne début novembre, Mgr Monteiro de Castro, Nonce apostolique en Espagne est intervenu au nom du Vatican. Il a précisé que l’Eglise demande la protection des droits des migrants et des réfugiés, des femmes et des mineurs, en Europe. Il a souligné l’opportunité de cette réunion pour étudier les conditions et les modalités d’accès à la justice pour des catégories de personnes vulnérables : immigrés, demandeurs d’asile, mineurs. Il a souhaité que leurs droits soient protégés et que l’on supprime les formes nouvelles de discrimination. Il a souligné qu’en Europe, ces personnes souffrent d’une façon ou d’une autre, de formes d’exclusion, de disparité de traitement, que ce soit dans le monde du travail, de l’éducation, de la formation, de l’assistance sanitaire. 
Plus encore, il pense que l’exploitation et les abus, y compris sexuels, qui impliquent des mineurs et des migrants, spécialement des femmes, posent de nombreux problèmes d’ordre moral et juridique. Ces situations constituent une contradiction flagrante avec les valeurs fondamentales enracinées dans la culture européenne. Elles font en outre courir le risque de transformer les règles essentielles de la cohabitation en une pure légalité formelle, qui, souvent, ne fonctionne pas vraiment face aux exigences de l’ordre social.

Les processus d’intégration au sein des peuples européens, malgré leur complexité, doivent rester à la hauteur des traditions humanistes et religieuses de ce vieux continent.
Jean Bisson 17 11 2007

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