Après plus d’un demi-siècle de municipalité tenue par la gauche, la «Ville éternelle» s’est dotée, très démocratiquement, d’une équipe de droite. Plus étonnant, il s’agit d’un homme d’extrême
droite, d’inspiration néo-phalangiste et notoirement raciste.
Ce changement ne peut s’expliquer que par la déliquescence des partis politiques traditionnels, comme c’est le cas dans bien des pays européens. Les raisons profondes de ces bouleversements, ne
faut-il pas les chercher dans la manière dont les politiciens se conduisent, dans leur incapacité à régler entre eux les rivalités personnelles ? Dans l’incapacité des leaders à proposer des
références ou des orientations claires. Enfin, la conjoncture économique de la mondialisation capitaliste pèse lourd dans certains «votes de sanction» (que l’on peut opposer aux «votes de
conviction». L’électeur a besoin de perspectives plus que de promesses électorales…
Que ces résultats puissent faire réfléchir nos politiciens français, de gauche, du centre et de droite, pour nous éviter de semblables mésaventures…
Jean Bisson 30 04 2008
On pourrait faire un très long exposé des cas d’anthropophagie, à travers les siècles et dans la plupart des civilisations, avec malheureusement
des cas contemporains.
A notre époque, où les moyens de communication – tel internet – ont balayé certaines frontières, une éthique tente de s’universaliser. Une conscience
mondiale peut émerger. Ce que nous appelons «les Droits de l’homme», peuvent être proposés par des organismes internationaux. C’est toute la conscience humaine qui tend vers une standardisation.
Dans cette perspective, les tribunaux internationaux qui jugent les «crimes contre l’humanité» sont le signe d’une référence universelle (ou, du moins qui tend à le devenir…)
pour éradiquer définitivement tout acte d’anthropophagisme.
Quand un adepte des «Témoins de Jéhovah» refuse pour lui-même ou pour l’un de ses proches la transfusion sanguine qui pourrait le sauver, nous pensons qu‘il commet une action criminelle. Or, pour
lui, recevoir le sang d’un autre, c’est assimilé à un acte de cannibalisme...
Restent en débat les situations exceptionnelles qui pourraient - aujourd'hui encore - pousser des groupes humains à recourir à l'anthropophagie, dans les cas de famines et dans les situations de
survie ponctuelle d'un groupe ou d'un individu isolé. On peut comprendre, même si on le désapprouve, ce recours extrême dans un cas extrême.
Ce sont des débats éthiques, du même ordre que ceux sur l’euthanasie, la peine de mort, l’avortement médical…
Les famines, et peut-être demain le manque d’eau potable, pourraient-elles plonger l’humanité dans l’horreur de l’anthropophagie? Oui, pensent certtains, si nous sommes incapables de
répartir équitablement les ressources de notre terre. Et je citerai ce texte étonnant de Georges Clémenceau (1841-1929) qui décrivait à la fin du XIX° siècle, un marché
africain : «On trouve sur les marchés d’Afrique équatoriale des individus, hommes et femmes, sur lesquels chacun marque le morceau qu’il désire acheter. Lorsque tout est vendu, la
personne est abattue, découpée et les morceaux distribués aux acheteurs.» Il achevait sa narration par cette confondante conclusion : «Si nous apportons, avec la civilisation,
l’interdiction du cannibalisme, n’allons-nous pas les condamner à la famine ?».
Pour ne pas terminer sur ces pensées tragiques, laissez-moi évoquer un dernier aspect : l’utilisation «éducative» que l’on a fait longtemps, d’une part dans les contes pour enfants, de la
menace de l’ogre qui viendrait manger le bambin s‘il n’était pas sage… et d’autre part dans certains récits, telle la légende vien connue de Saint Nicolas, redonnant vie aux trois malheureux
petits enfants dont le méchant hostelier avait rempli son saloir…
L’anthropophagisme fait bien partie de notre culture ! Si la conscience humaine met du temps à progresser, force est de constater qu'il
faut parfois fort peu de temps pour qu’un individu ne retombe dans cette barbarie.
Jean Bisson 29 04 2008
«Enfants de boches», un livre publié il y a 4 ans par Jean-Paul Picaper, ancien journaliste du Figaro, évoque la vie
difficile de ces enfants maudits. En France, plus de deux cent mille enfants sont nés des amours entre soldats
allemands et jeunes françaises. Ils sont aussi des milliers en Allemagne, les enfants issus des relations entre prisonniers de guerre français placés dans les campagnes ou jeunes du STO (Service
du Travail Obligatoire) et jeunes allemandes. Ces enfants, illégitimes quoique innocents, ont partagé les souffrances de leurs mères, ont subi les hontes et la réprobations de leur
entourage.
Bernard Kouchener, Ministre des Affaires
étrangères et européennes, a lancé, le 24 avril, à Berlin, l’idée d’une reconnaissance officielle de la tragédie de ces personnes, aujourd’hui pratiquement toutes en retraite, mais toujours
accablées par leur destin! Il souhaite aboutir à ce que plus "personne en France et en Allemagne ne doive cacher ses
origines sous prétexte qu'elle se trouve de l'autre côté du Rhin".
Cette plaie européenne, n'est-il pas grand temps qu’elle se cicatrise et que ces milliers de personnes puissent enfin vieillir libérées d’un secret qui ne risque plus de les écarter de la
normalité ! C’est évidemment un bon point que je décerne au ministre pour ce service d’équité et d’humanité.
Jean Bisson – 28 avril 2008 (demain : Anthropophagie, famines et droits de l'homme...- fin)
En ce dimanche (Jour du Seigneur), de par le monde, des millions de catholiques se rejoindront dans leurs églises pour y prier
et y concrétiser un rituel de communion. Il s’agit pour eux de faire mémoire d’une institution célébrée par Jésus la veille de sa crucifixion. Devant ses 12 disciples, Jésus prit du pain,
pria, le rompis, puis il prit du vin, pria, et leur dit : mangez car ceci est mon corps et buvez car ceci est mon sang !
A l’époque romaine, des chrétiens furent accusés d’anthropophagisme et ils furent martyrisés. Pourtant, cet étonnant rituel symbolique chrétien, très fort,
s’inspire des mythes fondateurs de la conscience humaine, et de la séparation du créé d’avec le Créateur.
Les évangiles sont très clairs, opposant Adam qui en croquant la pomme (tabou) a perdu le «paradis» (proximité du Créateur) et Jésus (appelé le «nouvel Adam») dont la mort est venue réconcilier
l’humanité avec le Père-Créateur.
Les croyants utilisent le terme de «transsubstanciation» pour signifier que le pain et le vin, après leur consécration rituelle, est mystiquement devenu corps et sang du Christ-Jésus , le
Ressuscité de l'aube pascale.
Il faut signaler encore que dans les rites sataniques, on utilise, pour les «messes noires», des hosties consacrées volées dans les églises, mais pour une simple
profanation.
Jean Bisson - 27 04 2008 (à suivre
prochainement : Cannibalisme, famines et droits de
l’homme...(
Serait-ce un tabou ? (Le mot tabou vient du polynésien et signifie « interdit ». Il s’applique d’abord au
domaine religieux).
L’anthropophagisme semble bien, au contraire, avoir existé concrètement dans la plupart des groupes humains primitifs. Beaucoup de peuples l’ont aussi inscrit dans leurs traditions mythiques
voire religieuses.
Dans la mythologie grecque, le dieu Cronos (*) est le fils benjamin d’Ouranos (symbolisant le Ciel) et de Gaïa (symbolisant
la Terre). Selon Hésiode, Cronos émascula son père pour que ses parents puissent se séparer (séparation symbolique du divin et de l’humain). Puis Cronos régna sur les Titans. Il épousa
sa sœur Rhéa ( il n'avait pas d'autre possibilité !) et ils engendrèrent Hestia, Héra, Poséidon et
Zeus. Un oracle ayant révélé à Cronos que l’un de ses enfants le détrônerait, il décida de les manger. Rhéa
réussit à dissimuler Zeus tandis qu’elle donnait à son époux à avaler une pierre dissimulée dans les langes de l’enfant. Zeus,
qui fut élevé en Crète, devenu
adulte, soumit les Titans, puis il détrôna son père et prit alors en charge le Cosmos.
La Bible elle-même ne
commence-t-elle pas par l’interdiction (symbolique) de manger le fruit de l’«arbre du savoir», posant de cette manière le premier tabou ?
Clairement, pour la conscience humaine, nous sommes dans la position du choix entre le permis et l’interdit.
* Cronos ou Kronos ou Chronos : c'est le
dieu-temps., fils du ciel et de la terre... Un beau symbolisme!
Jean Bisson
- 26 04 2008 (à suivre.
Demain : Prenez et mangez. Ceci est mon corps...)-
La mosquée de Colomiers, en Haute-Garonne a été, à l'aube du dimanche 20 avril, volontairement incendiée. Par effraction, une
poubelle enflammée y a été introduite. Aucune signature, aucun slogan n’a été relevé. Comme d’habitude, toutes les autorités civiles, Ministre de l’Intérieur, Préfet, Maire et
élus locaux ont crié leur profonde indignation et, la main sur le cœur, tous ont promis que «tous les moyens seront mis en oeuvre pour identifier,
appréhender et traduire en justice les auteurs de cet acte odieux».
Si, un jour, les auteurs de ces chocantes profanations sont effectivement identifiés - ce que je souhaite
intensément - quelle serait alors l’utile sanction ? La prison ? Peut-elle leur apprendre le respect dû à tout lieu de culte ? Je ne le crois pas.
Ne vaudrait-il pas mieux les astreindre à découvrir, en les éduquant, qu’un lieu de culte, pour un croyant, est un lieu sacré… Ne faudrait-il pas leur faire comprendre qu’en France, comme dans
toute vraie démocratie laïque, chaque citoyen est libre. Que le croyant est donc libre d’aller prier là où il le veut. Et que cette liberté est l’honneur de la
République. Une sanction utile ne peut être qu’une contribution à l’éducation civique et au respect des différences, donc de la pluralité, dans tous les
domaines...
Concrétement, les auteurs de ces dégradations de lieux de culte, de cimetières, de monuments publics, d'oeuvres
artistiquesn etc. pourraient être encadrés, par exemple, par des associations travaillant dans le domaine de la préservation et de l’entretien du patrimoine artistique, religieux ou public… Des
bénévoles sont certainement capables de communiquer le respect de l'altérité! Et j’en avais fait moi-même l’expérience - je pense franchement positive - lorsqu’existait, il y a une bonne dizaine
d’années, une mise à disposition de délinquants à des associations pour un travail de réinsertion sociale et civique… (Expérience stoppée, me semble-t-il pour des raisons d’économies
budgétaires…)
Dilemme : faut-il économiser sur l'éducation pour investir dans les prisons ou cesser d'investir dans les prisons pour miser sur l'éducation ? Le réalisme serait peut-être d'équilibrer
intelligemment les deux !
Jean Bisson 25 04 2008 (Demain . L'
Anthropophagisme est-il un tabou ?)
A l’origine, le terme «cannibales» a désigné les hommes de tribus «sauvages» découvertes par Christophe Colomb dans la Iles
Caraïbes. Caraïbes et cannibales auraient sans doute la même source linguistique. Il s’agissait de «mangeurs d’hommes». Au 16° siècle, Montaigne aborde cette question dans ses «Essais» ( Ch.
I, 31). Le terme de cannibalisme s’applique traditionnellement aux animaux (et aux «sauvages» qui ne sont pas, à cette époque, considérés comme des hommes !). Lorsqu’un homme consomme
pour sa propre nourriture des individus de son espèce, on utilise plus tôt le terme d’anthropophage (du grec anthropos > homme et phagos > manger/digérer). On fait parfois la différence
entre l’endocannibalisme (celui qui mange les congénères de sa propre race) et l’exocannibalisme (celui qui mange des personnes d’une autre race, ethnie, groupe ou famille). Le cannibalisme
est-il un tabou ?
Nous verrons cela après-demain, le 26 avril ! (Demain : Mosquée encendiée en Haute Garonne)
Jean Bisson - 24 04 2008
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