Sa disparition me touche. Beaucoup. Cette femme exceptionnelle, je le sais, a contribué à façonner ma propre identité. Cette attachante
ethnologue m’a fait découvrir, entre autre, la complexité et la richesse des cultures méditerranéennes. Elle m’a appris la rigueur d’une analyse anthropologique et le respect de toute altérité
culturelle. Cette ancienne résistante, rescapée de Ravensbrück, spécialiste des cultures maghrébines, avait été à l’origine de la création de l’enseignement dans les prisons de France en 1956. Si
j’ai applaudi à l’initiative d’une «alliance des riverains de la Méditerranée» , c’est grâce à elle.
J’ai rouvert ce matin «Le Harem et les cousins» publié en 1966. J’y ai retrouvé en ex-libris, mon adresse de l’époque « 21 Bd Didouche Mourad AIN TEMOUCHENT – Algérie – Tél 203 ».
J’étais alors coopérant en Algérie.
Ses engagements politiques l’avaient fait militante communiste. C’est un point sur lequel ma conviction divergeait de la sienne. Mais parce qu’elle respectait
les choix autres que les siens, elle était porteuse de cette liberté qui est la base essentielle de la culture républicaine française.
Morte dans sa 101ième année, Germaine TILLON mériterait bien une place au Panthéon. Son souvenir ne s'effacera pas du Panthéon personnel de mes maîtres à penser.
Jean Bisson 21 04 2008


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