Au Salon de l’Agriculture, l’inauguration par M. Sarkozy restera dans les annales ! Le besoin présidentiel du «bain de foule», qui
peut être une manière d’auto-évaluer sa popularité, a montré le visage sans fard du Président de la République française. Un quidam (pour une fois mal choisi…) à qui le Chef de l’Etat voulait
serrer la main (geste éminament démagogique !) s’est entendu répliquer un refus certes déplacé mais cinglant «Ne m'touche pas, tu m'salis !!» Fallait-il que le Président réponde du tac
au tac et dans le même registre de langage: « Casse-toi, pauvre con ! ». Si la réponse du quidam est provocante, irrespectueuse et condamnable, la réaction méprisante du Président
n'est pas digne du représentant de la France.
Un tutoiement, argotique: double mépris (pour la personne apostrophée et pour la langue française). Pauvre : si on le prend au sens
propre, second mépris : un pauvre ne doit –il pass’incliner devant un riche ? Et – sous-entendu : tu es
pauvre, donc tu n’es rien. Con : mot grossier, et jugement catégoriel de valeur. Associé à pauvre, il est clair que, pour notre Président, si l’on est pauvre c’est parce qu’on est con. Merci Monsieur le Président !
On peut être un brillant avocat, un éloquent politique, et être aussi un Président qui a perdu, avec son sang-froid, une belle occasion de se taire !
Jean Bisson 25 02 2008
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