15 janvier 2012 7 15 /01 /janvier /2012 00:01

Un classement privé juge de la solvabilité des pays emprunteurs. Pourquoi un tel classement sert-il de référence mondiale aux banques qui prêtent de l'argent aux États dépensiers ayant besoin de cette avance puisque, dépensant plus qu'ils n'encaissent, ils se trouvent logiquement à cours de liquidités financières. Ainsi, plus un pays s'endette, plus le taux des prêts qui lui sont consentis augmentent. C'est la folle spirale qui accélère encore le surendettement. La France est doncsanctionnée à son tour.

Force est de constater que les va-et-vient du Chef de l’État en Allemagne et que les discours rassurants du Premier Ministre comme du Ministre des Finances n'ont été qu'inutiles verbiages. N'est-il pas normal que, dans l'opposition, le candidat Hollande souligne l'incapacité des gouvernants aux commandes du pays d'avoir évité cet échec ! C'est tout de même la droite qui gouverne la France depuis 17 ans et durant les 3 dernières présidences (2 Chirac sur 12 ans et l'actuelle de 5 ans de Sarkozy !). C'est assez révoltant d'entendre des politiciens tenter de faire porter aux autres la responsabilité de l'endettement de l'Etat !

Cette accusation montre le désarroi de la droite devant la crise financière et devant son échec budgétaire. Ce qui est affligeant, c'est que cette situation, affaiblissant la droite au pouvoir, risque bien de ne profiter qu'à l'extrême-droite qui avait déjà le vent en poupe... Les élections législatives qui suivent une présidentielle confirment souvent la même tendance !

Mais qui pourrait se réjouir de ce déclassement? Il y a lieu de s'inquiéter de cette conjoncture. Elle favorise la montée d'un courant qui, s'il se retrouvait présent au second tour des présidentielles, risquerait bien d'empoisonner les années qui viennent ! Je pense, par exemple, que sortir de l'euro serait une erreur gravissime.

L'étiquette AAA perdue va contraindre les prochains élus – quels qu'ils soient - à une extrême rigueur budgétaire. Il faut donc s'attendre à ce que stagnent les revenus (peut-être baisseront-ils!), à ce qu'augmentent les prix, les taxes et les impôts... Il faut craindre des désordres sociaux en écho aux difficultés financières des classes laborieuses et au chômage qui explosera.

Ce sombre avenir ne peut manquer d'appauvrir ceux qui disposent déjà de peu, tandis que Banques et autres privilégiés continueront à jouir égoïstement de leurs revenus légèrement baissés mais toujours somptueux.

C'est par de telles injustices que naissent des mouvements populaires de contestation dont la violence pourrait être difficilement contrôlable. Puisse l'étiquette perdue ne pas se transformer en levain de violence ! 

Jean Bisson – 15 01 2012

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