23 octobre 2010 6 23 /10 /octobre /2010 23:02

Je l’ai déjà écrit plusieurs fois : tout conflit ou toute guerre se termine toujours par la négociation des conditions consenties pour une paix nouvelle. L’Otan vient d’organiser de telles négociations en Afghanistan, entre le Président Karzaï et un groupe de Talibans. Voici l’article du Monde que je me permets de reprendre, in extenso. Inutile de préciser que je réjouis fort d’une telle ouverture !

 

 

Jean Bisson  23 10 2010

Lemonde.fr avec AFP | 20.10.10 | 14h00

"L'OTAN permet aux talibans de participer aux négociations avec le gouvernement Karzaï. Les discussions entre talibans et l'entourage d'Hamid Karzaï vont bon train. Elles se déroulent avec le concours de l'OTAN, qui laisse passer les responsables talibans venant de leurs bases au Pakistan, affirme le New York Times (NYT), mercredi 20 octobre, citant des responsables de l'alliance, à Kaboul. Ces discussions impliquent la choura (conseil de notables) de Quetta, des membres du réseau Haqqani et des membres de la choura de Peshawar.

Ces talibans recevraient l'assurance qu'ils ne seraient pas attaqués ou capturés par les forces de l'OTAN, affirment des responsables afghans. Selon une source afghane citée par le NYT, l'un de ces représentants des talibans aurait même été transporté dans un appareil de l'OTAN. Dans d'autres cas, les forces de l'OTAN auraient sécurisé les routes empruntées par les émissaires.

Les rumeurs autour de ces discussions se multiplient depuis quelques semaines. Le NYT affirme que trois membres de la choura de Quetta et un membre du réseau Haqqani ont pris part à ces discussions et ne dévoile pas leur identité à la demande de la Maison Blanche et d'Afghans prenant part à ces discussions.

Vendredi à Londres, le général Petraeus, commandant en chef des forces américaines en Afghanistan, avait révélé que les forces de l'OTAN avaient facilité l'accès de responsables talibans à Kaboul, en vue de négociations avec le gouvernement afghan. Le général a indiqué qu'un "certain nombre d'initiatives étaient en cours" dans le cadre du soutien au processus de négociation lancé par le président Hamid Karzaï. Les rebelles nient officiellement tout dialogue avec le gouvernement.

Selon le quotidien américain, le mollah Omar, responsable des talibans, n'est pas partie prenante de ces discussions, en raison de ses liens avec les services pakistanais, et surtout de l'influence que veulent conserver l'Inter-Services Intelligence (ISI) sur l'Afghanistan. "L'ISI ne veut pas de ces négociations et fera tout pour les faire échouer", affirme une source afghane citée par le NYT.

La question du dialogue entre le gouvernement de Kaboul et les talibans doit figurer au menu de la réunion mensuelle à la Maison Blanche consacrée à la situation en Afghanistan, a indiqué mardi le porte-parole du président américain Barack Obama. M. Obama va s'entretenir avec les plus hauts responsables civils et militaires sur l'évolution de sa stratégie dans ce pays, avant de quitter Washington pour faire campagne en vue des législatives de la mi-mandat, le 2 novembre. "La réconciliation [nationale] organisée par les Afghans a été évoquée lors de nombreuses réunions passées", a dit le porte-parole de la présidence américaine, Robert Gibbs, lors de son point de presse quotidien. "J'imagine que nous allons obtenir des informations du général [David] Petraeus, de l'ambassadeur [Karl] Eikenberry et d'autres sur leur évaluation des progrès de ces pourparlers, et leurs espoirs de voir ces progrès se poursuivre", a ajouté le porte-parole."


Par ailleurs, le Ministère Français des Affaires étrangères et européennes communique l’information suivante :

« Le groupe international sur l'Afghanistan s'est réuni à Rome avec, pour la première fois, l'Iran comme participant. Cette réunion est importante car elle réunit les pays membres de ce groupe international de contacts sur l'Afghanistan. Je comprends que la composition de ce groupe a été élargie. Elle se situe dans la perspective de la préparation du sommet de Lisbonne, où il va être beaucoup question de l'Afghanistan. Cette réunion a permis de faire le point sur les paramètres d'évolution et de solution de la situation en Afghanistan.

A partir de là, quels sont les grands objectifs de la communauté internationale sur l'Afghanistan? Comment nous nous positionnons là-dessus ?

Il s'agit premièrement d'un engagement à long terme. Deuxièmement, il s'agit de l'appropriation des responsabilités de sécurité par les Afghans. Troisièmement, il y a une approche globale de la communauté internationale. Quatrièmement, elle recouvre aussi une approche régionale, impliquant les voisins de l'Afghanistan dans la résolution des problèmes. Ces 4 principes d'action sur lesquels nous travaillons dans la perspective de la réunion de Lisbonne ont été abordés par les participants hier à la réunion de Rome.

Dans ce cadre, la réunion du Groupe international de contact pour l'Afghanistan, qui s'est tenue hier à Rome, a permis un échange de vues entre représentants spéciaux sur la situation dans ce pays. Les discussions ont notamment mis l'accent sur la nécessaire approche régionale de la crise afghane.

Les voisins de l'Afghanistan ont en effet chacun un rôle à jouer pour sa stabilisation et son intégration régionale, et par conséquent leur sécurité et leur développement propres.

La France avait contribué à la prise en compte de l'importance de cette dimension régionale en organisant le 14 décembre 2008 la réunion de La Celle-Saint-Cloud, à laquelle l'Iran avait été invité. En élargissant le format des États participant au Groupe de contact, la réunion d'hier a poursuivi cette approche régionale.

Lors de son intervention hier à Rome, le commandant en chef de la FIAS, le général David Petraeus, a présenté l'évolution de la situation sur le terrain. Il a également évoqué le processus de transition, dont le lancement est en cours de préparation à l'OTAN. Ce processus vise à transférer à terme le plein exercice de leurs responsabilités de souveraineté aux autorités afghanes, tout en assurant l'Afghanistan d'un engagement dans la durée de la communauté internationale. »

 

 

 

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