23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 00:01

Cette année 2012, l'Algérie célèbrera ses 50 ans d'indépendance. J'ai connu l’Algérie d'avant. Bien malgré moi. Dans les tristes années de la « pacification », en 1957 et 1958 (1). En pleine pâte humaine, au sein du 1er Régiment de Tirailleurs Algériens, dans un bataillon qualifié de «disciplinaire».

J'ai connu ensuite l'Algérie dans ses premières années d'indépendance, ayant demandé à servir dans ce pays en tant que professeur en coopération, dans les années 1964 à 1969. J'y suis retourné ensuite plusieurs fois, en touriste, travaillant alors au Maroc, au cours des années 72-78.

Des relations amicales ont lié ma vie à cette terre, relations nouées sous le ciel d'Oranie et qui restent aujourd'hui encore aussi vivantes que fraternelles !

Dans la situation où se trouvaient les Algériens au milieu du siècle dernier (2), l'indépendance, que De Gaulle avait accordé aux anciennes colonies d'Afrique noire, ne pouvait être évitée en Algérie.

A l'époque, ces quatre départements français ( Oran - Alger - Constantine – et Département des Oasis ) ne souhaitaient rien d'autre que de rester français. Une seule condition était requise : que tous les habitants soient traités sans discriminations raciales. Or cette attente durait depuis la fin de la seconde guerre mondiale, depuis 1945... (3)

Durant ces 50 années d'Indépendance, l'Algérie a beaucoup évolué. Sa population est passée de 11,8 millions d'habitants en 1960 à plus de 32 millions aujourd'hui. Les deux tiers de cette population a moins de 25 ans. Cette richesse humaine est une potentialité énorme pour le pays. Mais la grosse majorité de cette bouillonnante jeunesse est au chômage.

La richesse naturelle que sont les ressources du pétrole et du gaz naturel, ainsi que les bénéfices commerciaux sont-ils utilisés au mieux des intérêts sociaux ? L'armée reste d'une grande importance. Elle soutient le Président Boutéflica qui, pour empêcher l’extrémisme islamique de s'installer au pouvoir (4) a invalidé les élections qui leur avaient donné la majorité. L'illégalité constitutionnelle peut parfois sembler une solution nécessaire !

L'Algérie pose à ce jour une angoissante question : que feront demain tous ses jeunes ? Beaucoup ont fait des études secondaires et même supérieures ; l'ambition ne leur manque pas. C'est sur eux que repose l'avenir du pays. Les responsables et les élites du pays sauront-ils agréger cette richesse humaine et lui donner sa chance ?

C'est ce que je souhaite à ce peuple ami où demeure, malgré tant de déceptions, des liens linguistiques et des attaches historiques que le temps n'effacera qu'avec sa très lente obstination.

Jean Bisson – 23 01 2012=

1- Le terme de guerre était prohibé. Officiellement, il ne s'agissait que de pacifier des populations musulmanes en révolte. ¨Personne ne voulait reconnaître les motifs profonds de cette rébellion des autochtones !

2- Si l'égalité citoyenne et républicaine avait été assurée à tous, j'ai toujours pensé que les départements français d'Algérie auraient pu rester liés fraternellement à la métropole. De simples alignements des droits sur la métropole auraient pu assurer la pérennité des liens qui unissaient alors les deux rives méditerranéennes.

3- La sanglante répression de Sétif, qui fit plusieurs dizaines de milliers de morts, dans des conditions honteuses pour la France, marqua la coupure irréparable entre l'Algérie et la France.

4- On ne peut pas oublier que ces leaders extrémistes sont aujourd'hui les chefs l'Al-Qaïda Maghreb qui détiennent plusieurs otages, dont plusieurs Français, dans les zones sahariennes.

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