16 juin 2010 3 16 /06 /juin /2010 23:02

Je lis, en ce temps de cure thermale, le « Traité d’athéologie » de Michel Onfray, livre récemment prêté par un ami, livre vendu à 280 mille exemplaires. Dans le « Nouvel Observateur » du 22-26 mai dernier, j’avais lu avec intérêt l’article « Et Onfray détrôna BHL »…Le succès éditorial du fondateur de l‘Université populaire de Caen est certes grand. N’est-il pas aussi dopé par son « goût du jour » ?

Quand je lis, page 95, « La religion du dieu unique (…) travaille à la haine de soi, au mépris de son corps, au discrédit de l’intelligence, à la déconsidération de la chair, à la valorisation de tout ce qui nie la subjectivité épanouie ; projetée contre autrui, elle fomente le mépris, la méchanceté, l’intolérance qui produisent les racismes, la xénophobie, le colonialisme, les guerres, l’injustice sociale. (…) Les trois monothéismes, animés par une même pulsion de mort généalogique, partagent une série de mépris identiques : haine de la raison et de l’intelligence ; haine de la liberté ; haine de la sexualité, des femmes et du plaisir ; haine du féminin ; haine du corps, des désirs, des pulsions. En lieu et place de tout cela, judaïsme, christianisme et islam défendent : la foi et la croyance, l’obéissance et la soumission, le goût de la mort et la passion pour l’au-delà, l’ange asexué et la chasteté, la virginité et la fidélité monogamique, l’épouse et la mère, l’âme et l’esprit. Autant dire la vie crucifiée et le néant célébré… », je ne peux m’empêcher de penser qu’il est facile d’énoncer de telles affirmations globales, mais que ces critiques ne s’appliquent pas aux fondements des monothéismes, mais à leur mauvaise application humaine. J’ajouterai que Michel Onfray oublie que, pour ne citer que le christianisme, l’Eglise a fondé les premières Universités, les premiers Hôpitaux, etc.

Je me situe dans l’un des trois monothéismes. Pour autant, je ne me reconnais pas dans les critiques de Michel Onfray. Mes écrits, souvent inspirés par ma culture judéo-chrétienne rehaussée d’islam, expriment-ils autre chose que le respect de soi et son corps, la recherche de l’intelligence, la recherche de l’épanouissement personnel… Je pense être amical et ouvert, respectueux des différences, tolérant… Je me bats contre le racisme,  contre toutes  formes de violence. J’aime ce qui est beau : nature, corps, parfums et musiques… Je respecte aussi l’athéisme et je ne nie nullement son droit à s’exprimer. Mais cette page de Michel Onfray me semble un jugement très « extérieur » à la réalité que le croyant peut vivre de l’intérieur. Je sens à travers cet ouvrage le mépris d’un homme sûr de lui et la vérité qu’il fait sienne.

Jean Bisson – 17 06 2010 

 

 

 

 

 

 

                                                           

 

 

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