15 juin 2010 2 15 /06 /juin /2010 23:03

Ce pays si sympathique vit une crise identitaire majeure. Le résultat des récentes élections peut inquiéter toute l’Europe, puisque c’est la Belgique qui devrait bientôt assurer la  présidence de l’Europe !

Les Flamands  sont majoritaires, humainement parlant et, aux urnes, c’est leur tendance qui vient d’emporter les élections. Mais si la langue a son importance dans la zizanie actuelle, il semble que ce soit une opposition plus large que le simple langage, c’est bien toute une culture, une manière d’appréhender la vie sociale. Jacques Brel avait poétiquement immortalisé l’âme flamande et souligné l’importance des femmes dans ce plat pays !  Les 60% de Flamands supportent mal que les 40% de Wallons parlant français monopolisent jusqu’à présent les commandes politiques… même si ce monopole reste très relatif.

La Belgique est un puzzle culturel et une forêt politique. Géographiquement, on doit distinguer 3 régions : la Wallonie de langue française au sud, la Flandre au Nord, et l’agglomération bruxelloise qui, en territoire flamand, est une entité qui, majoritairement parle français et où la langue française conserve des privilèges. Privilèges qui exaspèrent les « flamingants ».

Politiquement, la Belgique compte plus de 20 partis politiques, souvent actifs, et parfois très conservateurs. Au cours de la dernière campagne électorale, certains partis ont largement dénoncé les emplois publics trop nombreux, l’assistanat exagérés des chômeurs, les dérives de l’affairisme capitaliste, etc.

Et le roi, dans tout cela ? Son influence permettra-t-elle de faire tomber la température qui fait bouillir toutes les têtes ?

Tous les Flamands ne souhaitent pas l’indépendance ! Ils sentent bien que ce ne soit pas la solution miraculeuse !

Le vrai problème, c’est d’accepter de vivre ensemble, de se respecter davantage, de supporter les mutuelles différences culturelles. Cette ouverture à la différence, voilà le problème, le même que celui des tribus africaines, des colons et des colonisés qui n’ont jamais réussi à vivre ensemble dans une paix fondée sur le respect des différences et sur la justice, chacun apportant à l’autre sa complémentarité. Et le conflit israélo-palestinien, où s’ajoutent la dimension religieuse, n’est cependant pas fondamentalement différent.

Tant que l’autre nous est, ou nous devient insupportable, il n’y a guère de solution miraculeuse. On s’ignore avec mépris ; on se bat, mais le plus fort gagne sans pour autant être le meilleur ; on se sépare malgré les conséquences souvent difficiles du divorce. Une paix négociée n’est-elle pas la moins mauvaise des solutions ?

Jean Bisson – 16 06 2010

 

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