25 mai 2010 2 25 /05 /mai /2010 23:02

Le festival de Cannes 2010 restera dans les annales à cause des manifestations du vendredi 21 mai contre le film "Hors la loi" de Rachid Bouchareb. Une foule apparemment très déterminée – anciens Français d’Algérie, anciens harkis, anciens combattants, élus avec écharpes, militants du Front National - (dont l’immense majorité n’avait pas vu le film), s’indignent contre cette production.

S’ils ont leur point de vue sur la guerre d’Algérie, comment dans un contexte démocratique, refuser d’entendre un autre point de vue ? Les massacres de Sétif sont bien un fait historique, dramatiquement odieux. Qu’on chipote sur le décompte des morts est indigne.

Le film de Rachid – que j’irai voir dès que je le pourrai – tente de dire sans doute comment le peuple algérien a vécu ces années de lutte pour son indépendance. Une indépendance devenue inéluctable dans ces départements français où chacun n’était pas traité avec égalité ni fraternité! Les anciens combattants algériens en étaient les premiers écœurés !

Soixante ans après cette guerre douloureuse, douloureux événements pour les deux parties, je trouve navrant de ne pas avoir la sagesse de prendre le recul indispensable pour reconnaître les erreurs et les excès que chacun a commis. Il y a eu des soldats honnêtes comme il y a eu des salauds, des deux côtés. Il y a eu aussi beaucoup de drames de conscience, dans les deux camps. J’en ai constaté dans le Régiment de Tirailleurs algériens dans lequel j’ai servi comme appelé pendant deux ans.

Pour avoir servi ensuite en coopération comme enseignant, de 1964 à 1969, j'ai constaté que la population algérienne, y compris des gradés du FLN, me recevait avec amitié et respect. Pour eux, la page était tournée.

L’Union pour la Méditerrannée passe d’abord par le respect mutuel des citoyens entre nos deux pays. La paix doit être faite et elle ne peut fleurir ni dans la haine ni dans la négation de la vérité de l'autre !

 

Jean Bisson – 26 05 2010

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