8 janvier 2011 6 08 /01 /janvier /2011 00:03
Le cardinal Jaime Ortega Alamino, archevêque de La Havane à Cuba, a publié une réflexion personnelle sur les crises qui secouent notre monde. Le prélat est préoccupé par deux crises : l'une caractérisée par la situation économique, la misère, les changements climatiques... autant de facteurs qui influent sur la vie animale, végétale et humaine. Une crise matérielle. L'autre crise, serait celle des vertus dont l'homme moderne s'est affranchi : certains individus ou peuples sont devenus égoïstes, incapables de prendre des décisions qui peuvent sauver l'humanité, ou vivent dans l'abondance et le luxe sans se préoccuper de la misère de tant d'autres. C'est donc pour lui une crise de l'éthique due à une perte du sens des valeurs, pour avoir oublié ou défié l'ordre naturel. La ligne de séparation entre le bien et le mal a disparu.

Jusque là, je suis d'accord avec son analyse.

Mais le prélat voit dans cette évolution la responsabilité «de l'athéisme d'Etat ou de l'athéisme laïciste ». Il poursuit : «Une partie essentielle de l'humanité s'est habituée à ne pas croire, à ne pas vivre en croyant, et ce manque de foi s'étend à tout le contexte humain : on ne croit pas à la famille, on ne croit pas au bien commun, on ne croit pas à un avenir meilleur. Hommes et peuples deviennent sceptiques. Ils sont comme prostrés devant leur avenir et n'ont pas d'espérance.»

Enseignant laïc, j'ai appris à mes élèves le respect du bien commun, le respect de la parole donnée et de tout engagement pris, et bien d'autres valeurs morales ! Mais il est vrai qu'aujourd'hui ces valeurs sont tombées en désuétude. Je ne crois pas que l'évolution actuelle soit imputable à l'Enseignement public et laïc. Il est en partie dû aussi au manque d'éducation familiale. Il est dû, je le pense également, au fait que l'Eglise n'a pas su "traduire" l'esprit de l'évangile dans la langue de notre époque. Et l'Eglise porte une partie des responsabilités de la situation actuelle. Un prêtre que je citais récemment va dans le même sens que moi en disant que les chrétiens en ont assez de nourrir leur foi avec le "pain rassis" du vieux boulanger siégeant au Vatican...

L'Eglise qui donne des leçons en se mettant au-dessus du monde, en accusant les autres, n'est pas la mienne. Mon Eglise reste incarnée dans l'aujourd'hui du monde, elle en est solidaire et elle fait ce qu'elle peut pour rester fidèle à sa mission, malgré les difficultés actuelles. Et pour certains, jusqu'au martyre.

Jean Bisson – 08 01 2011

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