20 décembre 2010 1 20 /12 /décembre /2010 00:02

En parfait accord avec l'analyse de Daniel Schneidermann, je reproduis en simple copier-coller son article, y compris les références pour surfer sur le site d'origine.

Cependant je ne peux pas m'empêcher d'y ajouter, à l'intention des amis Franc-Comtois, ce souvenir de "notre" défunt Edgar Faure qui répondait, quand on le traitait de girouette dans le domaine politique, que ce n'était pas la girouette qui changeait, mais la direction du vent porteur où sa mission l'avait placée !

Jean Bisson – 20 12 2010

Wikileaks, défense des girouettes

Par Daniel Schneidermann le 15/12/2010 - 09h15 le neuf-quinze

Alors, finalement, Wikileaks, pour ou contre? Nos cousins du site de critique de médias Acrimed flinguent Libé, à propos de ses allers et retours sur Wikileaks. Il est vrai qu'en quelques jours, le journal a opéré un spectaculaire retournement, passant de la dénonciation de la "dictature de la transparence", à l'hébergement militant d'un site miroir de Wikileaks. Acrimed a raison de rire. Une girouette, c'est toujours rigolo. Et je le dis d'autant plus librement que mes deux chroniques successives de Libé consacrées à Wikileaks (celle-ci et celle-là) échappent à la mitraille d'Acrimed.

Mais, pour défendre la girouette Libé, disons qu'il y a de bonnes et de mauvaises raisons d'être girouette. On peut être girouette par peur, par inconséquence, par incohérence, par opportunisme. Mais on peut aussi éprouver des difficultés à se fixer une opinion, tout simplement parce qu'on se trouve au coeur d'un événement considérable, qui ne se rattache à aucun précédent connu. Quand a éclaté la dernière "bombe" Wikileaks", avant que l'on ait une idée précise du contenu des documents révélés, il n'était pas absurde de craindre un "11 septembre de la diplomatie", ou bien de soupirer un "tout ça pour ça", devant la futilité des révélations des premiers jours (même s'il était difficilement compréhensible de dire les deux à la fois). A mesure que les jours passent, que les documents s'égrènent, ces deux sidérations symétriques s'estompent, me semble-t-il, et l'opération, à condition de savoir la lire, apparait comme un formidable et passionnant éclairage, sur le monde vu par la diplomatie US. Rien de plus, rien de moins.

Il est pourtant encore trop tôt, bien trop tôt, pour être "pour ou contre". C'est une maladie des journalistes, de vouloir "penser quelque chose" d'un événement, avant même qu'il ait déployé tous ses aspects, toutes ses conséquences (tentation d'autant plus irrésistible que cet événement concerne leur propre champ de bataille, celui de l'information). Il faut parfois simplement oser se ranger dans les "NSP" (ne sait pas).

girouette

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