25 janvier 2012 3 25 /01 /janvier /2012 00:01

Depuis la mi-décembre, il n'est de jours où quotidiens, magazines hebdomadaires, journaux télévisuels et radios ne nous parlent du scandale des prothèses mammaires. Qui connaissait cette marque PIP avant l'étonnante publicité gratuite qui lui est faite? Ces implants ont des fuites. Généralement, tout ce qui vieillit est sujet à des fuites... Mais comme ces prothèses étaient remplies d'un gel non autorisé, on craint que le produit utilisé illégalement soit cancérigène.

La première question est celle de la responsabilité morale et pénale du fabriquant. C'est pour gagner plus et plus vite qu'il a triché, pleinement conscient, et organisant avec la complicité du personnel des laboratoires, la fraude en ne présentant aux contrôles officiels que des échantillons contenant les produits homologués. La Justice doit faire son travail.

Mais quid des victimes ? Deux cas sont à dissocier.

D'abord les femmes qui ont eu recours à ces prothèses à la suite d'une ablation médicale dictée par un cancer du sein. S'agissant là d'une nécessité plastique compensatoire, il semble naturel que le remplacement de l'implant illégal soit fait sans frais pour la patiente. Peut-être même avec l'octroi d'une indemnité compensatoire aux préjudices subis, à la charge du PDG de cette odieuse entreprise !

Mais les plus nombreuses victimes sont des personnes qui ont sollicité cette implantation pour des raisons esthétiques. Ces femmes n'en sont pas moins victimes d'une escroquerie. La loi devrait également leur accorder un dédommagement. Mais on sent bien que ce n'est pas dans les mêmes conditions que pour réparer un ablation consécutive à un cancer. Ce souci esthétique de se pourvoir d'une poitrine artificielle pour s'embellir, ne pousse-t-il pas trop de femmes à croire qu'elles seront plus sexy, et plus heureuses grâce à ce gadget ? (1)

Dans cette seconde catégorie de victimes, il se trouve un nombre étonnant de très jeunes filles à qui l'on offre une paire de faux seins pour leur entrée en adolescence ! Et devant cela, je suis scandalisé !

Car enfin, croire que l'apparence soit plus forte que la réalité, n'est-ce pas aller au-devant de bien d'autres déceptions ? N'être aimée que pour ses (faux) seins, n'est-ce pas prendre le grand risque d'hameçonner « un macho, un beauf voire un pignouf » ! (2)

Tout en lui en laissant la responsabilité morale, je reprendrais volontiers la chute du billet de Bernard Fauconnier : « Changer plutôt d'hommes que de seins, cela vous évitera quelques déconvenues ! »

Jean Bisson – 24 01 2012

1- Certes, par nature, la féminité a toujours été tentée de se maquiller les lèvres, les yeux, les joues... de se colorer les cheveux, de se corseter reins et fesses...

2- Ce sont les termes employés par Bernard Fauconnier dans sa brève « PIP PIP ! » publié dans TC page 6 du 12 janvier 2012 

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