9 juin 2011 4 09 /06 /juin /2011 23:01

Je retrouve dans mes fichiers des notes qui tentent de préciser quelles relations les 3 monothéismes semblent avoir établies entre le Dieu d'Abraham et l'humanité.

Le Judaïsme, fidèle à l'Alliance faite enre le Dieu unique et Abraham, dans le sillage de Moïse et les Prophètes, a toujours vu en Dieu le Créateur qui s'est choisi un peuple. Et ce peuple élu est Israël. Dieu intervient directement pour soutenir «son» peuple. L'Ancien Testament de la Bible n'est que la longue histoire des difficiles relations entre Dieu et son peuple. Aujourd'hui et dans le même esprit qu'il y a cinq mille ans. Seuls les membres de ce peuple se trouvent donc dans la main de Dieu. Le créé n'échappe pas à Dieu; mais le monde est coupé en deux : les élus et les autres.

Le christianisme pense, comme St Jean le fait entendre dans le Prologue de son évangile, que la création est, à la fois, hors de Dieu et en Lui. Rien n'est créé, rien n'advient dans la création qui ne soit non seulement de Dieu, mais en Lui. N'est-ce pas ce que suggère aussi saint Paul quand il affirme que tout est en devenir et en récapitulation dans le Christ-Jésus ? Dans ces conditions, toute création est, à la fois, extérieure à Dieu qui la produit et intérieure à Dieu en qui elle s'accomplit. C'est du dehors et du dedans que Dieu accompagne et assiste sa création. L'homme, en tout cela, est non plus seulement le serviteur d'un Maître et Seigneur, mais est promu collaborateur, partenaire, conjoint... Il peut ainsi s'établir entre tout homme et Dieu une profonde et durable relation. Car, bien sûr, toute créature est espérée et attendue par Dieu. Comme un père attend toujours son enfant.

Il semble que, dans l'Islam, Dieu crée hors de lui, mais conserve, de l'extérieur, la gestion et le contrôle méticuleux de ce qu'il crée. Dieu agit en créateur-intendant et juge en fonction de la loi révélée au Prophète Mahomet et consignée dans le saint livre du Coran. D'où, semble-t-il, la rigueur des obligations tant dans les prières quotidiennes, qu'à travers les nombreux interdits alimentaires, et dans l'application de rituels très précis, dans tous les aspects de la vie et même de la mort.

L'Islam, comme le Judaïsme, séparent le Créateur de sa création ; l'humanité ne peut y attendre le salut que par le choix d'un chemin unique. Il existe des chrétiens qui rejoignent Judaïsme et Islam pour penser que Dieu s'est choisi un chemin unique en Jésus et que « hors de l’Église, point de salut ». L'ensemble de ces attitudes pourraient sans doute être classées comme une lecture théologique primaire. Ces trois approches de Dieu, je les classe dans la catégorie des « Théocraties ». Finalement elles excluent qui n'accepte pas le moule unique.

Je ne peux oublier l'attitude de Jésus affirmant, devant une pièce de monnaie à effigie de l'Empereur romain, : « Rendez à César, ce qui est à César et à Dieu ce qui appartient à Dieu »...

La Judaïté sépare Créateur et création. Jésus, en son humanité, a intégré un Dieu-Père à toute création. L'Islam est revenu à la pensée judaïque d'un Dieu-Maître qui implique, pour le servir pleinement, une structure théocratique. La liberté humaine n'est, me semble-t-il, clairement respectée que dans le Christianisme puisque le temporel reste du libre arbitre de chaque être humain. C'est cette liberté qui donne à tout homme sa dignité et le fait responsable de ses choix.

Jean Bisson – 10 06 2011

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