27 août 2011 6 27 /08 /août /2011 23:01

Les vendanges, cette année en avance, ont déjà commencé. M'est venu à l'esprit, dans le contexte actuel, de relire l'évangile sur la rémunération des ouvriers de la dernière heure, payés au même tarif que ceux qui avaient été embauchés dès l'aurore. (1)

A cette apparente injustice salariale, le Maître répond : «  Mon ami, je ne te fais aucun tort. N'as-tu pas été d'accord avec moi pour une pièce d'argent ? Prends ce qui te revient, et va-t'en. Je veux donner à ce dernier autant qu'à toi : n'ai-je pas le droit de faire ce que je veux de mon bien ? Vas-tu regarder avec un œil mauvais parce que moi, je suis bon ? » Et l'évangéliste de conclure : « Ainsi les derniers seront premiers, et les premiers seront derniers. »

Faut-il y voir une incitation une règle sociale dans u système économique ? Évidemment pas. Mais c'est sans aucun doute une lecture symbolique qui s'impose. Et j'aime assez celle que proposait dès le sixième siècle de notre ère Saint Grégoire le Grand (2), je la résume : Le Propriétaire qui embauche c'est Dieu. La vigne à vendanger, c'est l'humanité. Les vignerons, ce sont tous les croyants, tous les descendants d'Adam. Et Grégoire de préciser que les ouvriers de la première heure sont les fils d'Adam ceux de la deuxième heure sont les descendants jusqu'à Noé. Ceux de la troisième heure, de Noé à Abraham ; ceux de la sixième heure, ceux d'Abraham à Moïse ; ceux de la neuvième heure, ceux de Moïse jusqu'à Jésus ; ceux de la onzième heure, ce sont ceux qui, à la suite des Saints Apôtres, Disciples de Jésus, depuis les débuts de l’Église et, avec tous les Saints de tous les temps, jusqu'à la fin du monde, travaillent dans l'humanité de leur époque et rendent grâce au Créateur. Ainsi Dieu ne cesse d'envoyer des ouvriers pour cultiver sa vigne, ce qu 'on peut traduire par enseigner son peuple. Tous ceux qui, librement, reconnaissent le Dieu d'Abraham et de Jésus, sont appelés à recevoir le même salaire, la même récompense : la vie éternelle.

Voilà la lecture symbolique de cette parabole. Dans un style oriental imagé, ce récit exprime la foi du croyant en la vie éternelle et non une règle salariale humaine !

Il est navrant que tant de gens lisent la Bible au premier degré, au sens littéral qui donne alors des idées stupides si on les appliquait... Les clés symboliques, il est vrai, ne sont pas toujours faciles à découvrir seul !

Jean Bisson – 28 08 2011

1- En Matthieu, chapitre 20, 1 à 20.

2- St Grégoire, pape et docteur de l’Église, est resté célèbre pour ses réformes liturgiques et notamment pour l'unification des chants rituels de la messe qui nous sont encore connus sous l'appellation de « chants grégoriens ».

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