24 septembre 2011 6 24 /09 /septembre /2011 23:01

La "vieille dame" est souffrante ! Pour certains, elle serait mourante. Ses jours seraient-ils vraiment comptés ? Alors que Rome joue de son charme pour faire revenir dans son giron une poignée de nostalgique du passé, intégristes qui s'accrochent à une lecture biblique au premier degré... Alors que le Vatican forme officiellement au "gouvernement de l’Église" ses nouveaux évêques en les confiant au sulfureux groupement des "Légionnaires du Christ" (1), plutôt considéré comme papistes et centralisateurs... Alors que le voyage de Benoît 16 dans son pays d'origine, est mal ressenti par un certain nombre d'Allemands... force est de constater que l’Église est malade.

Malade du vieillissement de son peuple ? Sans doute beaucoup. Deux millions de Jeunes à Madrid : c'est beau, soit ! Mais plus d'un milliard de retraités... Et peu d'actifs entre les deux, peu présents aux messes dominicales, et payant annuellement le "denier de l'église"...!

Pour Michel RONDET (2), la question n'est pas de préserver une structure, ni de maintenir un quadrillage géographique paroissial, c'est de faire vivre une communauté locale souvent "ignorante des chemins où l'Esprit la conduit..." mais "confiante dans la promesse du Christ..." (Là où quelques uns se réuniront en mon nom, je serai au milieu d'eux... )

Si l'on peut ressentir, dans la crise actuelle, la mort d'un certain visage de l’Église, ce n'est pas parce que nous désespérons d'elle, mais parce que nous lui souhaitons au contraire un visage plus évangélique, plus accueillant et plus respectueux de nos frères. Pour Michel Rondet, "rejoindre l'Esprit à l’œuvre dans l’Église, c'est privilégier, sans les opposer, le souci de la communion sur celui de l'institution." La conviction de ce Jésuite, c'est que "Ce ne sont plus les communautés qui s'adapteront aux ministres qui leur sont envoyés, mais la vie des communautés qui engendrera les ministres qui leur sont nécessaires." Et l'auteur de conclure : "L’Église est le lieu où, selon le témoignage des Pères de l’Église, en particulier Cyprien de Carthage, ce qui concerne le bien de tous se décide en commun; c'est à ce signe que l'on peut reconnaître l'Esprit à l’œuvre".

Confiance donc : l'Esprit est à l’œuvre, entre nos mains, à travers nos paroles, nos écrits, notre témoignage... Semons ! D'autres récolteront...

Jean Bisson - 25 09 2011

1- Mouvement fondé par Marcial Maciel, religieux sur lequel planent aujourd'hui des turpitudes nombreuses, dénoncées par l'un de ses "fils naturels". (Selon un article récent de la Revue Golias).

2- Lire le livre de ce Jésuite "L’esprit, espérance d'une Église en crise" (Bayard 2011) – (Publication autorisée par le Provincial des Jésuites de France)

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