4 mars 2012 7 04 /03 /mars /2012 00:01

"Donnons la parole au silence!"  Tel est le titre d'une lettre, d'un constat, d'un avertis-sement. C'est l'expression d'un désarroi qui s'est emparé de nombreux Chrétiens. Cette apostrophe vigoureuse est signée par des personnalités éminentes comme le théologien Jean Rigal, et Gérard Bessière, prêtre du Lot (1), en retraite et très connu pour n'avoir jamais transigé sur sa vision chrétienne du monde et son attachement au Concile Vatican II.  Le groupe "Jonas" ( dont je fais partie depuis plus de 25 ans) a également signé cette lettre (2). Que dit ce texte qui a recueilli près de deux mille signatures?

 

"Le peuple de Dieu a beau poser des questions dans les synodes, Rome ne veut pas les entendre. Les nonces font savoir aux évêques qu'ils ne doivent pas les transmettre. Pareille censure fait penser aux pratiques des régimes totalitaires. La suprématie pontificale contrôle la vie des églises, elle nomme souvent des évêques à sa botte, elle fait fi de la collégialité épiscopale et de la sensibilité des fidèles. (...) N'assistons-nous pas à l'enterrement discret du concile Vatican II ?"

 

C'est cette question que "G. Bessière" posait dans sa lettre au Pape en octobre 2011. Mais le Vatican n'a pas répondu à cette interrogation. Gérard Bessière, qui ne manque pas d'humour, a décidé d'excommunier symboliquement Benoît XVI !

 

Mais sa conclusion est tout de même pleine d'espoir : "L’Évangile est un volcan. On ne l’éteindra pas. Il rentrera à nouveau en éruption féconde. À l’intérieur des Églises et en dehors d’elles!"  

 

Je partage cette même espérance : à son heure, le volcan se réveillera !

 

Jean Bisson - 04 03 2012

 

1-  Prêtre du diocèse de Rodez, théologien spécialiste des questions relatives à l'Église, Professeur d'ecclésiologie pendant vingt-cinq ans à la faculté de théologie de Toulouse, auteur de nombreux articles et d'une quinzaine d'ouvrages.

 

2- Plus de 400 théologiens allemands, des centaines de prêtres et diacres en Autriche, ont signé des manifestes. En France - à ma connaissance -, seul un groupe de prêtres de Rouen a marqué son inquiétude et dans les 1750 signataires de cette lettre, on compte de nombreux membres du groupe Jonas.

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