24 avril 2012 2 24 /04 /avril /2012 23:01

Je ne me réjouis pas vraiment des résultats du premier tour. Je n'ai pas été très surpris par le verdict des électeurs: ils n'ont que validé les deux candidats que prévoit la loi pour le second tour des présidentielles. Les noms étaient annoncés d'avance. L'ordre de classement était seul incertain, encore que tous les sondages avaient prédit l'ordre d'arrivée des deux champions.

Par contre, le Front National, avec un pourcentage de plus de 18 points, en troisième position,  est une réussite qui, si elle me déconcerte, s'explique assez bien. Ne s'agit-il pas d'abord de l'expression du raz le bol des Français mécontents? Une exaspération habilement utilisée, une opposition facile à exploiter: les étrangers prennent notre boulot, mangent notre pain, nous imposent leur viande hallal, créent l'insécurité, remplissent les prisons, les hôpitaux... Ils encombrent nos rues pour y prier... Ils imposent le voile à leurs femmes, etc. 

Gère-t-on un pays, dans un temps de mondialisation, en refusant les différences de culture et de foi religieus, en brandissant l'arme de la peur, en réglant les problèmes par l'exclusion? Certes, cette politique permet de rassembler les meurtris de notre société. Mais répond-elle aux besoins concrets de la France et aux grandes questions de notre époque? 

Les élections législatives qui vont bientôt suivre, vont-elles ouvrir largement les portes aux élus du Front National? Ce serait logique et cohérant dans le domaine d'une juste représentativité, mais ce serait aussi un danger pour l'équilibre solidaire, pour l'esprit d'ouverture dans un monde cheminant vers un grande famille universelle. 

Quant à savoir s'il faut un seul débat - ce qui était la coutume jusqu'alors - ou trois comme l'a proposé le Président sortant, je suis certain que cette invitation a été lancée par pure tactique. Je pense qu'un débat de 1 h 30 à 2 heures serait suffisant pour que les deux candidats y disposent du temps nécessaire à défendre leurs points de vue, à exposer leurs priorités et à faire émerger leurs différences. En faire trois auraient un coût triplé et, en période de vaches maigres, autant ne pas jeter l'argent du contribuable par les fenêtres.

La dignité s'impose jusqu'au 6 mai. Le vainqueur - aujourd'hui incertain - n'aura pas une tâche facile car il faudra désormais compter avec le Front National. Gagante ou perdante, la droite devra tenir compte de la nouvelle donne. Si c'est la gauche qui occupe l'Elysée, elle lèvera contre elle droite et extrême-droite en confortant leur commun combat anti-socialiste!  

Gardons notre calme. Et souvenons-nous que l'essentiel demeure notre laïcité, notre liberté, notre culture et notre solidarité. Gardons au coeur les valeurs à sauvegarder : justice et maintien des droits de l'homme.

Jean Bisson - 25 04 2012

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