25 février 2011 5 25 /02 /février /2011 10:48
Habtu Ghebre-Ab, Erythréen, professeur d’histoire, vivant à Cincinnati (USA), témoigne de sa préoccupation sur le sort de ses compatriotes restés en Erythrée. Né de parents érythréens chrétiens orthodoxes, il a été élevé en Ethiopie, où il a vécu jusqu'à 18 ans. Il dénonce le sort mal connu des croyants, aussi bien Musulmans que Chrétiens dans une population de 4 millions d'habitants, qui comporte environ moitié de chrétiens, et moitié de musulmans. Christianisme et Islam ont coexisté pacifiquement pendant des siècles.
Or, depuis les années 1970, une idéologie indépendantiste, marxiste et athée, a réussi à s’emparer du pouvoir. Une fois acquise l'indépendance de l'Erythrée, tout le religieux est devenu le nouvel ennemi à éradiquer.
Il n'y a plus aucune liberté de culte en Erythrée depuis 2002. Les Eglises sont traitées littéralement comme des criminelles, leurs membres et responsables jetés en prison. Bibles et Corans sont brûlés. Les autorités religieuses des Eglises orthodoxes, comme protestantes sont en prison, certains depuis 2004, sans visites ni médicaments. Le gouvernement contrôle toute activité religieuse et planifie l'élimination progressive de toute foi en Erythrée.
Un exemple : les prêtres, quel que soit leur âge, même les plus âgés, ont été contraints à faire leur « service militaire »…  La clandestinité est quasiment impossible, il ne reste que l’exil. Des camps de réfugiés, dans le nord de l'Ethiopie ainsi qu'au Soudan, accueillent un nombre croissant de croyants qui fuient l'Erythrée. Ces apatrides tentent de gagner l’Europe et beaucoup meurent noyés en Méditerranée en tentant de passer de la Libye en Italie ou à Malte ! (1)
Ceux qui arrivent à joindre l’Europe sont souvent renvoyés en Erythrée… Là ils sont emprisonnés dans des camps militaires de détention, torturés, sans doute jusqu’à leur élimination physique.
Et le témoin de conclure : « J'ai perdu deux frères et 12 membres de ma famille dans la guerre d'indépendance de l'Erythrée. On pourrait penser que mon histoire est unique, mais elle ne l'est pas : chaque Erythréen vous raconterait une histoire semblable. Le peuple érythréen n'a pas fait tous ces sacrifices et subi toutes ces indignités pour se voir dénier les droits pour lesquels il a combattu et qu'il mérite. »
Voilà encore un régime dictatorial qui pourrait susciter une nouvelle révolte !
Jean Bisson – 25 02 2011
1- 300 Erythréens sont depuis plusieurs mois retenus en otage par des Bédouins égyptiens, dans les montagnes du Sinaï. Les nouveaux dirigeants de l’Egypte trouveront-ils le temps de régler humainement ce problème ?

 

 

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