2 octobre 2010 6 02 /10 /octobre /2010 23:01

J’ai relevé cette suite de questions : "À quoi bon être chrétien? J'aimerais vous soumettre cette question qui me taraude de temps en temps. Nous sommes préoccupés par la déchristianisation galopante, le déficit de prêtres, les places vides dans les églises, la tête blanche des pratiquants. Le Christ on ne l'entend pas. La barque qui coule et Jésus qui dort au fond de la barque. "Maître, réveille-toi, nous sommes perdus."

Ces lamentations ne sont pas sans fondements, hélas ! Nos églises sont effectivement de plus en plus vides. Les enfants catéchisés sont de moins en moins nombreux. Nos structures ecclésiales risquent bien de se trouver rapidement devant des problèmes financiers très graves : les revenus annuels sont  majoritairement couverts par le versement du "denier du culte" (appelé d’ailleurs aujourd’hui "denier de l’église" ). Mais c’est le troisième âge qui verse encore régulièrement cette participation, avec, d’ailleurs, une ristourne fiscale sur cette somme… Et cette niche fiscale est dans le collimateur de nos actuels dirigeants. Si l’abattement d’impôts est prochainement supprimé, c’est une chute de 40% des recettes actuelles que l’Eglise diocésaine doit envisager…

Le patrimoine religieux souffre déjà beaucoup du manque d’entretien. Les communes qui, elles aussi devront rogner sur leur budget, se montreront de plus en plus réticentes à entretenir des bâtiments onéreux et qui servent si peu… Les fermetures d’églises (rurales et même urbaines) seront bientôt à l’ordre du jour des Conseils municipaux.

Mais on peut être disciple de Jésus, même sans lieu de culte ! Aucun des 12 Apôtres ne s’est identifié à un bâtiment… Quand Paul écrivait à l’Eglise de Corinthe, il s’adressait aux "Corinthiens"… Les communautés chrétiennes primitives se réunissaient souvent dans les maisons particulières, voire dehors…  Sommes-nous  capables de prier sans une église, sans prêtre ? Les "ADAP" (1) que l’on célébrait dans les années 1970/1990  ont été supprimées. La hiérarchie a sans doute eu peur que les laïcs ne se satisfassent de telles célébrations… Cela a peut-être été une erreur. Si de telles prières avaient  été maintenues, des noyaux de chrétiens ne se seraient–ils pas plus facilement maintenus autour du «clocher local» ?

Je pense que ce n’est pas seulement Jésus qui semble endormi au fond de la barque-Eglise !  Ce sont tous les "baptisés" qui se sont endormis dans une attente assez passive de la messe dominicale… Lorsqu’elle est trop loin, on se dispense facilement d’y participer. Pour certains, la messe de la Télé, depuis un fauteuil, c’est tout de même plus confortable et cela dispense même de chercher la piécette pour la quête !

Etre chrétien en 2010, ce n’est pas seulement être consommateur de rites ! C’est traditionnellement participer au rassemblement d’une communauté locale, c’est se réjouir d’écouter ensemble une Parole et de la partager, c’est célébrer avec un prêtre - quand on le peut - le mémorial de la mort-résurrection du Christ.  Chaque fois que c’est réalisable !

Etre chrétien aujourd’hui, c’est d’abord se mettre en condition de rencontrer le Dieu de Jésus-Christ, même si aucun prêtre n'est présent, d'écouter ce Dieu qui s’est incarné pour se mettre à proximité, à notre niveau. « Quand 2 ou 3 se réunissent en mon nom, je suis avec eux… »

N’oublions jamais que, par son baptême, chaque chrétien est à la fois « prophète, prêtre et roi » !

Jean Bisson – 03 10 2010

1- Assemblée Dominicale en l’Absence de Prêtre (puis dite en Attente de Prêtre...) : Cette prière communautaire du dimanche, sans eucharistie évidemment, permettaient aux pratiquants de se réunir visiblement dans leur église locale, d'y lire et de partager sur  les textes liturgiques, d'y prier ensemble en union avec ceux qui disposaient ailleurs de la présence d'un prêtre. La pratique d'une communion, à partir de la réserve du tabernacle, sacramentellement possible, a effrayé les responsables diocésains qui y ont pressenti une "messe sans prêtre"... Revenir en arrière en interdisant la communion était délicat. Discréditer les ADAP a été choisi. Ce qui revenait à démobiliser les Chrétiens qui s'étaient formés et accomplissaient bien cette fonction. J'ai regretté cette régression. N'en paie-t-on pas aujourd'hui la note en constatant combien la pratique dominicale est devenue rare et en comptant le nombre des églises fermées le dimanche dans nos villages !

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commentaires

CORDIER 03/10/2010 08:03



Bravo Jean pour cette véhémence !


 


Cordialement


Gérard