26 juin 2012 2 26 /06 /juin /2012 23:00

Le fascisme est apparu dès 1919, en Italie (il fascismo - cf. note 1) comme idéologie politique qui s'élargira pour devenir, dès les années 1930, le rassemblement dirigé par Bénito Mussolini. Ses caractéristiques se résument alors ainsi: opposition à toute démocratie, au système de représentation parlementaire, à toute liberté individuelle, à l'indépendance économique héritée du XIX° siècle, ennemi déclaré du marxisme, mettant en avant une stricte préférence nationaliste, s'appuyant sur les forces armées pour soumettre toute opposition, la loi du plus fort devenant le seul critère de ce pouvoir centralisateur.

Les Italiens qui ont fui le fascisme italien par idéologie et soif de liberté sont unanimes, ceux qui restent du moins, pour confirmer mes propos. Ce fascisme-là n'est pas totalement mort avec Mussolini ! Du moins l'idéologie fascisante a-t-elle évoluée  dans les soixante dernières années.

En France, il est certain que le Front National, s'est inspiré de la même idéologie. Jean-Marie Le Pen avait repris le nationalisme étroit, il avait nié la Shoa par les Nazis, son aversion pour le communisme n'était pas cachée, mais il acceptait l'idée d'une représentation parlementaire. Madame Marine Le Pen, à son tour peut faire évoluer le fascisme du Front National, mais elle reste arc-boutée sur la préférence nationale, sur le replis identitaire national, non seulement humain mais économique, financier, avec rétablissement des frontières, et sauvegarde des seules valeurs chrétiennes pour une France où moins de 5% des citoyens vont le dimanche à la messe! C'est tranquillisant pour certains nostalgiques du passé. Mais est-ce réaliste pour le monde ouvert dans lequel nous vivons aujourd'hui?

Dans le débat politique contemporain, le terme de fasciste est-il devenu injure? En témoigne le procès que Mme Le Pen, se sentant  insultée par ce qualificatif, intente à M. Mélanchon.

La référence au fascisme est toujours revendiquée par les néofascistes, groupuscules d'extrême droite,  individus isolés mais imbus de cette idéologie violente et raciste, chacun potentiellement fort dangereux, comme en témoigne certaines tueries récentes.

Que Marine Le Pen s'écarte un peu plus que son père du fascisme italien initial, c'est possible. C'est normal. Mais peut-elle nier la filiation idéologique de son parti politique à la souche fasciste?

Jean Bisson - 27 06 2012

1- En  italien fascisme désigne un dépôt de fusils rangés à terre en "faisceau", terme militaire désignant les armes regroupées au sol lors d'un bivouac en campagne.

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commentaires

Clovis Simard 16/07/2012 04:09


Blog(fermaton.over-blog.com),No-18.- THÉORÈME HOMOINFINITY. - De la Liberté ?