10 mai 2010 1 10 /05 /mai /2010 23:03

Après les évocations de Sarah, Rébecca, Léa et Rachel signées par Sœur Marie-Madeleine, je ne peux m’empêcher d’aborder tant d’autres femmes présentes dans la Bible. Il est trop souvent colporté que la Bible fasse peu de place aux femmes, que les religions judéo-chrétiennes (et St Paul en particulier) sont misogynes. Ne serait-ce pas plutôt que nous méconnaissons la place réelle que tiennent les femmes dans les récits Bibliques ?

Eve, Tsippora, Lilah, Ruth, Rahab (la prostituée de Jérico), Myriam (la Vierge Marie, Mère de Jésus), Marthe et Marie (les sœurs de Lazare), Véronique et Marie-Madeleine (autre prostituée repentie), et toutes celles qui sont présentes sans être nommées : la veuve de Sarepta, la femme adultère, et d’innombrables autres disent chacune une facette de la relation Humanité-Créateur. Ces femmes très présentes, je vais tenter d’en montrer l’importance.

EVE

Comment ne pas commencer par la première femme! Est-il possible de parler d’Eve sans évoquer Adam ? La Genèse (chapitre 1, 26 à 3, 23) mérite d’être lue et relue, savourée et méditée ! Ce récit mythique, dépourvu de toute intention historique ou scientifique -il faut bien le rappeler-, est cependant une réponse aux questions existentielles que se posent les hommes : D’où vient-on ? Y a-t-il égalité entre homme et femme ?  Pourquoi le mal et la mort ? Qu’y a-t-il après la mort ?

Si Adam (par sa racine hébraïque DM) signifie "terre", la racine "V" d’Eve, évoque la Vie et pourrait donc se traduire par "la Vivante". Dieu créa le premier couple "homme et femme à son image", Adam le premier pétri dans la glaise, Eve la seconde avec os et chair d’Adam. Ne faut-il pas y lire qu’ils sont - homme et femme - à égalité, pétri ou tirée par la même main divine ?

A noter que Dieu invite le premier couple à "se multiplier" ; la sexualité n’est donc pas un péché (1), mais un devoir naturel découlant de la volonté même de Dieu !

Dans le récit mythique apparaissent ensuite le serpent et la pomme, beaux accessoires pour mettre en scène la tentation, et la faiblesse humaine ! Et, après la faute, la sanction de la mort, pour pouvoir réintégrer la vie éternelle auprès de Dieu! Ce que confirmera le rôle de Jésus, le ressuscité de Pâques qui devient le "nouvel Adam", pour la réhabilitation de l’humanité avec son Créateur.

Ni Adam ni Eve n’étant des personnages réels, seule leur histoire est symbole de la prise de conscience de l’humanité : le croyant se situe ainsi par rapport au Dieu d’Abraham.

Il faudrait des pages pour étudier comment le serpent - symbolisant le mal - présente un Dieu jaloux de son autorité et imbu de son savoir… (présentation fallacieuse, bien sûr!) . Mais ne sommes nous pas aussi dans le cadre d’une culture orientale, d’une connaissance datée de plus de 5000 ans, et surtout d’une étape pré-christique !

Eve, c’est toute la place de la femme dans les cultures primitives : la femme ne donnait pas seulement la vie; pour assurer l’existence même du clan, elle nourrissait, elle éduquait, elle était garante de la vie, elle symbolisait la beauté, la fertilité et la paix. Elle s’imposa « maîtresse » dès que la structure familiale s’installa autour d’un feu et sous un toit ! 

(1) La sexualité n’a été «maltraitée» par l’Eglise qu’assez tardivement et surtout à partir du 17° siècle.

Jean Bisson – 11 05 2010

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