4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 23:03

C’est en St Jean qu’on trouve ce jugement de Jésus mettant en scène des Scribes voulant appliquer la loi de la lapidation d’une femme accusée d’adultère. Curieusement, cet épisode a disparu des évangiles de Luc et de Marc alors qu'il était noté dans les premières versions de ces évangiles (1).

C’est encore une femme sans nom, condamnée par des hommes à un supplice barbare – toujours appliqué en vertu du Coran en certains pays où la loi religieuse musulmane est appliquée « à la lettre » selon le droit coranique…

On comprend que des copistes aient pu hésiter à reprendre ce jugement qui se montre d’un certain laxisme par rapport à la morale établie… Jésus n’accorde-t-il pas un peu vite le pardon à cette pécheresse ? N’est-ce pas un danger pour la morale publique ? Je crois entendre les tenants du rétablissement de la peine de mort !

Au nom de son Père, Jésus pardonne avec la seule recommandation : « Va et ne pèche plus ! ». Jésus, Fils du Père, n’a pas appliqué (comme le fait encore aujourd’hui tout intégriste) la loi « à la lettre ». Dieu n’est-il pas seul habilité à poser jugement ?

Bien sûr il faut dans le monde que s’exerce une justice humaine ! Mais ne faut-il pas qu’elle soit exercée avec assez de retenue, d’équité, et toujours exempte du sentiment de vengeance ?

C’est le problème du pardon que pose Jésus. Pardonnez jusqu’à 7 fois 77 fois !

La femme adultère, condamnée à mort, alors que tout homme qui trompe son épouse puisse le faire en toute impunité, est-il « normal »? C’est d’ailleurs une des raisons qui justifierait, dans la tradition juive, que la descendance se transmette non par le père, mais par la mère…

Cette page reste une proposition extraordinairement moderne de l’enseignement et de la sagesse de Jésus !

Jean Bisson 05 10 2010

(1) Selon le « Synopse des 4 évangiles » de P.Benoît et M-E. Boismard tome II, page 318- Le Cerf 1980

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