11 octobre 2010 1 11 /10 /octobre /2010 23:01

Les deux sœurs de Lazare, ami décédé que Jésus ramena à la vie, sont des femmes sublimes de l’évangile de Luc. J’avais écrit, il y a quelques années, une notice sur ces 2 sœurs, je ne l’ai pas retrouvée. J’ai par contre découvert sur internet une étude précise, humaine et théologique que je ne saurais égalée. C’est un texte de Véronique Isenmann, théologienne de Fribourg (Suisse) publié sur le site « Une source d’eau vive » (en 2004). La longueur du texte nécessite une présentation sur deux articles. La fin ne sera donc que pour mardi prochain ! J’espère que cette lecture vous touchera comme je l’ai moi-même été !

Jean Bisson -  12 10 2010

En Luc 10, 38-42 :  Comme ils étaient en route, il entra dans un village et une femme du nom de Marthe le reçut dans sa maison. Elle avait une sœur nommée Marie qui, s'étant assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole. Marthe s'affairait à un service compliqué. Elle survint et dit : « Seigneur, cela ne te fait rien que ma sœur m'ait laissée seule à faire le service ? Dis-lui donc de m'aider. » Le Seigneur lui répondit : « Marthe, Marthe, tu t'inquiètes et t'agites pour bien des choses. Une seule est nécessaire. C'est bien Marie qui a choisi la meilleure part ; elle ne lui sera pas enlevée. » ( TOB - Traduction oecuménique de la Bible)

Jésus est en route pour Jérusalem (Luc 9, 31). Il vient de raconter l'histoire du bon samaritain qui descend vers Jéricho, alors que lui est en train de monter vers Jérusalem. Vient-il de Jéricho, sise à 27 km au nord-est de Jérusalem ? A-t-il fait ce détour en venant de Samarie ? La route est difficile, en dehors même de tout brigandage, qui mène de la ville la plus basse au monde, à environ 250 m au-dessous du niveau de la mer, à Jérusalem, à plus de 1000 m d'altitude, une dénivellation de plus de 1200 m sur moins de trente kilomètres.

Dans la Bible, les localités, entourées de murailles et abritant la population, peuvent être comparées à des mères abritant dans leur sein leurs enfants. Jésus, qui vient avec ses disciples de vivre la difficulté à être accueilli dans certaines villes, est en montée vers la Jérusalem terrestre, engendrant par la chair, mais aussi vers la Jérusalem d'en haut, mère qui engendrera par l'esprit (Galates 4,26). Dans cette montée, et comme pour reprendre des forces avant les épreuves qui l'attendent, Jésus entre dans le village de Béthanie, d'après Jean 11,1, et dans la maison de Marthe. La maison symbolise elle aussi le refuge et le sein maternel, l'être intérieur et les mouvements de l'âme assimilés aux déplacements dans une maison, entre cave et galetas. Il y a une proximité de racine en hébreu entre le mot "bait", maison, et le mot "bat", sœur utérine, habitante d'une ville.

Ainsi, racontant la descente du bon samaritain et la montée de Jésus, le texte de Luc dit la capacité de Jésus à gravir les difficultés pour faire descendre Dieu sur terre et à affronter la descente aux enfers pour faire monter l'âme vers Dieu. Et il dit dans le même temps, de manière plus inconsciente et plus secrète, le besoin impératif de Jésus de se ressourcer, de trouver refuge pour laisser à son âme la possibilité de se nourrir : montée vers Jérusalem, mère spirituelle, arrêt au village, pause dans la maison de "sa sœur" Marthe. Et si Luc ne fait pas mention de Béthanie dans ce texte, c'est ici qu'il placera le récit de l'Ascension au chapitre 24, c'est de là que le Ressuscité descendu aux enfers montera auprès du Père.

Marthe reçoit Jésus chez elle. Elle l'accueille dans sa propre maison, ce qui indique qu'elle est une femme indépendante, maîtresse de sa vie et gérant ses propres biens. Cela est encore renforcé par son nom, Marthe, prénom unique dans la Bible et qui signifie Dame, Maîtresse. Elle a un frère, Lazare, et une sœur, Marie. Dans l'évangile de Jean (chapitres 11 et 12), Lazare meurt et Jésus le ressuscite après l'une des plus belles déclarations de foi de l'évangile, faite par Marthe.

Marthe est la femme qui va au-devant des gens et des choses, qui dit ce qu'il y a à dire, qui fait ce qu'il y a à faire et qui le fait avec une confiance inébranlable en la vie et en Dieu. Elle est capable d'affronter la réalité de la mort et de croire que tout est possible. Et Jésus l'aime beaucoup (Jean 11,5). Ce qui place aussi leur dialogue sous un autre éclairage : ils sont amis et se parlent avec toute la franchise de l'amitié.

Marthe reçoit Jésus chez elle et c'est un peu le branle-bas de combat. Il y a tant à organiser, c'est un service compliqué. Sans doute que l'intendance n'est pas facile avec tous ces gaillards qui débarquent, qu'il faut fournir en eau pour la purification (avec cette eau qu'il faut aller puiser), nourrir et peut-être loger. Combien sont-ils ? À peine un peu plus tôt, il est dit que Jésus a nommé soixante douze nouveaux disciples. Sont-ils tous avec lui ? Sans compter les voisins qui viennent certainement voir ce qui se passe... On peut se faire une petite idée de l'agitation qui devait régner dans cette maison! En tout cas, d'après Luc, la situation à laquelle Marthe est confrontée est suffisamment compliquée pour en faire mention explicitement.

Marthe accueille Jésus et sa suite en toute liberté, présente et attentive, incarnant ce samaritain dont Jésus vient de parler. La parabole se terminait par un envoi : "Va" et tous se sont mis en route. L'arrivée à Béthanie est un peu comme la continuation d'un chemin entrepris à partir de la question : qui est mon prochain ? Dans son histoire, Jésus affirmait la proximité de celui qui a pris soin, en toute liberté, du blessé. Non pas de celui qui écoute la parole et réfléchit à son sens, et non pas celui qui la transpose dans le quotidien sous forme de lois et de règlements, mais de celui qui fait ce qu'il y a à faire au quotidien.

(à suivre mardi prochain)

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(Clovis Simard,phD) 19/02/2011 22:30



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La Page No-22: LES DEUX SOEURS !


MARTHE, MARIE ET LA PHYSIQUE QUANTIQUE ?


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Clovis Simard