14 mai 2012 1 14 /05 /mai /2012 23:01

A peine installé, le Président François Hollande rencontrera la Chancelière allemande. En préambule, Mme Merckel a prévenu par voix de presse qu'aucune négociation n'était possible concernant l'accord déjà signé par  M. Sarkozy. Il semblerait pourtant bien que nombre d'organisations allemandes soient favorables à une telle négociation... Par ailleurs, le revers électoral qu'elle vient de sublir en Rhénanie devrait affaiblir son intrangigeance...

De quoi s'agit-il? De la stratégie à tenir vis à vis de la situation économique de l'Europe dans la crise monétaire actuelle. L'engagement signé visait à mettre la priorité absolue sur le remboursement des dettes, en bloquant notamment les salaires, en diminuant les dépenses (fonctionnaires, subventions, etc.

Pour Hollande et pour bien d'autres leaders politiques, y compris en Allemagne, le pari serait plutôt de miser sur une relance économique, une dynamisation des entreprises et des emplois en pariant sur la capacité européenne à favoriser une relance de son économie.

Tout ceci est bien sûr un résumé très succinct des orientations politiques et des tendances économiques. Il semble que ce pari ait plutôt le vent en poupe...  Car ni la Grèce, ni l'Espagne, ni l'Italie, et ni la France ne pourront rembourser leurs dettes si l'économie ne reprend pas une expansion porteuse. L'Europe est condamnée à une progression située entre 1,7% et 2%. Est-ce possible? Rien ne semble gagner d'avance. Mais ce qui est non moins probable, c'est que l'austérité actuellement prônée par la Chancelière allemande - la fameuse règle d'or - ne peut déboucher que sur une impasse doublée d'une inflation insupportable du nombre des chômeurs et du mécontentement des salariés.

Or, le syndicat allemand de la métallurgie, IG Metall, multiplie les grèves tournantes et exige 6,5 % d'augmentation de salaire pour les 3,6 millions de salariés du secteur. C'est la conséquence d'un accord signé, en catimini, en mars dernier: le syndicat des services Verdi a en effet déjà obtenu 6,3 % d'augmentation pour deux millions de fonctionnaires de l'Etat et des communes qui ont arraché les accords suivants:  +3,5 % au 1er mars 2012, +1,4 % au 1er janvier 2013 et +1,4 % le 1eraoût 2013.

Sans l'admettre, l'Allemagne est entrée dans une nouvelle dialectique: réorienter sa politique pour calmer les revendications sociales au prix de sacrifier une partie de sa compétitivité industrielle, en pariant sur une relance de la consommation induite par ces hausses de salaires.  

C'est, me semble-t-il le même pari que propose justement François Hollande puisque le volet social devrait permettre de relancer la consommation, de doper la croissance économique, et en fin de compte de faire  accroître les recettes fiscales de l'Etat. N'est-ce pas la meilleure manière de pouvoir rembourser nos dettes?

En résumé, c'est un pari sur la croissance. Le hic, c'est que toute croissance implique davantage d'énergie, et là, que vont dire nos écologistes? Les Verts ne risquent-ils pas de rougir de colère? Je ne voudrais pas être à la place de nos Chefs d'Etat contraints d'arbitrer constamment entre la chèvre et le chou! Mais tel est le prix des responsabilités politiques...

Jean Bisson - 15 05 2012  (demain : suite sur la symbolique des fleurs...)

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