11 novembre 2010 4 11 /11 /novembre /2010 00:05

En ce 11 novembre, journée consacrée au souvenir des militaires morts « au champ d’honneur » ( un honneur qu’aucun n’avait l’envie de connaître, hélas !), j’aborde le sujet, peu souvent abordé, des funérailles religieuses dans le contexte d’un couple dont les conjoints relèvent de traditions religieuses différentes. Aujourd’hui, dans une même famille, il peut y avoir des croyants de religions différentes. De telles familles s’adressent parfois à l’Eglise pour les accompagner lors d’un deuil. Plus délicat est encore le cas où c’est l’enfant d’un couple mixte qui décède alors que les parents n’ont rien voulu choisir de son avenir religieux… Quelle réponse donner à de telles demandes, pour respecter la foi de l’un et de l’autre des parents ?

 

1-Principes généraux : Si la famille s’adresse - librement - à l’Eglise pour célébrer les Funérailles de son défunt, il semble aller de soi qu’elle en accepte tacitement les rites. Il convient d’être accueillant et fraternel, ferme sur l’expression de la foi chrétienne, respectueux des rites, signes et symboles chrétiens utilisés, sans tentation de syncrétisme… Il sera utile de signaler dès l’accueil, qu’un moment sera laissé au croyant d’une autre confession (musulmane, ou autre…) pour qu’il puisse prier selon sa propre tradition. On pourra insister, notamment dans l’homélie, sur la mort de Jésus, pour la rédemption «de toute l’humanité».

 

2-Gestion des cas particuliers : Chaque cas tend à devenir un cas particulier. Si l’on a généralement l’habitude de célébrer des Funérailles de familles protestantes et catholiques (la présidence étant confiée soit au Pasteur, soit à un membre de l’Equipe catholique locale), le cas des familles islamo-chrétiennes pose aujourd’hui un problème nouveau. On veillera à ne jamais prendre une décision ou faire une promesse trop rapidement. Il convient de prendre toute décision en équipe, d’en référer toujours au prêtre responsable, éventuellement au Doyen, et en cas de difficultés particulières, on contactera, selon le cas, le délégué diocésain à l’œcuménisme (Protestants, Orthodoxes), le délégué diocésain aux Relations avec l’Islam (Musulmans), le délégué diocésain aux Relations avec le Judaïsme, ou à défaut un Vicaire épiscopal ou un Vicaire général du diocèse.

 

N.B. : Je dispose d'une fiche plus détaillée sur les funérailles dans une famille où le défunt est chrétien et l'autre membre musulman. Me demander cette fiche par mail en cas de besoin.

 

3-Famille islamo-catholique : Un membre de la famille demande une célébration catholique.

Deux cas sont possibles :

 

A- le défunt a été baptisé dans la foi chrétienne. On célébrera donc naturellement selon le rituel catholique habituel. Une célébration sans Eucharistie semblerait alors le meilleur choix.

 

B- le défunt n’est pas baptisé. On respectera le rituel spécifique des Funérailles pour les non-baptisés (pas d’utilisation de l’eau bénite qui rappelle l’eau baptismale).

  

Dans les deux cas, on s’efforcera de rencontrer le parent non-chrétien pour l’associer à la préparation. On lui laissera une place pour la lecture d’un extrait coranique, (« Fatiha » (prière) ou-et sourate), pour un geste… A défaut de son intervention, ou de celle d’un membre musulman de sa famille ou de sa communauté, on pourra accepter un intervenant choisi en dehors des acteurs de la célébration chrétienne. Le moment le plus favorable de cette expression d’une autre tradition religieuse semble se situer après le Notre Père et avant le « Dernier A-Dieu ». On pourra toujours utiliser le rite de l’encensement pour le dernier Adieu. Par contre la solution de laisser se célébrer les prières musulmanes au cimetière peut être aussi une bonne solution qui respecte la tradition islamique.

 

4- Textes coraniques : Les textes suivants peuvent être utilisés : ( Les textes coraniques proposés et la Fatiha ont été choisis par Jean Bisson à partir de trois traductions : celle de SAVARY (Ed. Garnier – 1960), celle de Muhammad HAMDULLAH préfacée par Louis MASSILLON (Club français du livre –1959) et celle de Denise MASSON (Editions Folio Classiques 1967)

 

(Sourate 1 – Versets 1-7) « Louange à Dieu, Seigneur des univers. Celui qui fait miséricorde, Le Tout Miséricordieux, Le Maître du Jour du Jugement, C'est Toi, l'Unique que nous adorons. C'est Toi dont nous implorons le secours. Dirige-nous dans le droit chemin, Le chemin de ceux que Tu as comblés de bienfaits, Non pas le chemin de ceux qui encourent ta colère Ni celui des égarés. »

 

Sourate 2 Verset 28 (La Vache) (Dieu de vie) « Au nom de Dieu, le Très Miséricordieux, le Tout Miséricordieux ! Pourquoi ne croyez-vous pas en Dieu ? Vous étiez morts, et il vous a donné la vie ; il éteindra vos jours et il en rallumera le flambeau. Vous retournez à lui. »

 

Sourate 2 Versets 153 ; 155-157 (La Vache) (L’amour de Dieu) « Au nom de Dieu, le Très Miséricordieux, le Tout Miséricordieux ! Ecoutez, Croyants ! Cherchez secours dans l’effort et dans la prière. Oui, Dieu est avec ceux qui souffrent. Très certainement, Dieu vous mettra à l’épreuve de quelque façon : peur, faim, manque de biens ou d’amis. Malgré cela, faites toujours l’annonce du bien à ceux qui souffrent, à ceux qui disent, quand un malheur les atteint, « Oui, nous sommes à Dieu ; oui, et nous retournons à Lui.»  A ces derniers va la sollicitude de leur Seigneur, ainsi que sa miséricorde. et ceux-là sont sur le bon chemin».

 

Sourate 36 - Versets 1-2 ; 12 ; 81-82 (Y S) « Au nom de Dieu le Très Miséricordieux, le Tout Miséricordieux. Ya Sin. Par le sage Koran ! Oui, c’est Nous qui donnons la vie aux morts et inscrivons ce qu’ils ont préparé et aussi leurs traces. Quoi ? Celui qui a créé les cieux et la terre ne serait-Il pas capable de créer leur pareil ? Mais si. Car c’est Lui le grand Créateur, le savant. Quand Il veut une chose, Son commandement Consiste à dire : « Sois », et c’est. »

 

Sourate 99 versets 1-8 (Le séisme) (Jugement dernier) « Au nom de Dieu, le Très Miséricordieux, le Tout Miséricordieux ! Quand la terre sera secouée de son ultime secousse et qu’elle expulsera ses maux, et que l’Homme s’interrogera : « Que lui arrive-t-il ? ». Ce jour-là, on racontera ses récits, parce que le Seigneur lui aura révélés. Ce jour-là, tous les gens surgiront, séparément, pour que leur soient montrées leurs œuvres. Donc, quiconque fait un bien du poids d’un atome, le verra. Et quiconque fait un mal du poids d’un atome, le verra. »

 

La prière suivante a été proposée par la Revue « Prier » Hors Série N°53. C’est la traduction d’une prière dite pendant le pèlerinage rituel à la Mecque, sur le mont Arafat (= reconnaissance), sur le lieu où, selon la tradition islamique, Adam et Eve se sont retrouvés après leur Chute du Paradis. A noter qu’Adam est considéré comme le premier prophète de l’Islam.

 

DIEU, DONNE-NOUS LA LUMIERE

Mon Dieu, fais-moi sortir des ténèbres vers la lumière. Eclaire mon cœur par la science. Donne-moi la lumière par laquelle je serai dirigé vers Toi. Mon Dieu, mets la lumière en mon cœur, lumière dans mes oreilles, lumière dans mes yeux, lumière sur ma langue, lumière à ma droite, lumière à ma gauche, lumière au-dessus de moi, lumière en-dessous de moi, lumière devant moi, lumière derrière moi. Mets dans mon âme la lumière : inonde-moi de lumière. Seigneur, dilate mon cœur et aide-moi à bien agir. Mon Dieu, je t’en prie, mets la lumière dans notre vie, ta lumière à notre mort ; que la lumière soit dans nos tombes et au jour de la résurrection.

 

Note sur la mise en œuvre : La tradition islamique n’accepte, comme langue liturgique, que l’arabe, langue de la révélation. On s’organisera, après chaque texte proclamé en arabe, pour en donner la traduction française.

 

N.B. : Ces notes proposées aux responsables officiels de l’Eglise en 1998 n’ont jamais reçu d'approbation officielle. Mais ces principes ont déjà été appliqués ou ont servi dans situations particulières. C’est pourquoi je les publie aujourd’hui. Peut-être pourront-elle aider des équipes.

 

Jean Bisson – 11 novembre 2010

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