1 octobre 2010 5 01 /10 /octobre /2010 23:02

Jean Daniel a consacré une partie de son éditorial (Nouvel Observateur 2394 du 23/29 septembre) à la mémoire de Mohammed ARKOUN, professeur émérite de la Sorbonne, décédé le 14 septembre dernier.

Ce grand esprit, musulman et français, était né en 1928 à Taourirt-Mimoun en Kabylie, superbe région d’Algérie. Cet universitaire s’était, entre autre, consacré à une recherche en "islamologie appliquée", ouvrant une voie à un nouvel islam réformiste, un islam modéré et ouvert à la modernité.

Jean Daniel rappelle qu’ «il s’indignait à l’idée que les penseurs et étudiants musulmans pussent ignorer tout ce que la raison critique, refondée dans le XVIII° siècle français, pouvait apporter à la gloire spirituelle et intellectuelle du message islamique.» Et J. Daniel de poursuivre : «Son impatience était telle que c’est avec un ton imprécatoire que Mohammed Arkoun rappelait  les sources islamiques du cheminement vers les Lumières … (…) A Cordoue, grâce aux traductions en arabe d’Aristote, les penseurs, juifs comme Maimonide et surtout musulmans comme Averroès, avaient ébranlé les dogmes de la pensée théologique et ouvert la voie aux Lumières … »

Aujourd’hui où les débats sur l’Islam, en Europe et dans tout le monde occidental, se multiplient, il me semble évident que la pensée de Mohammed Arkoun devrait être diffusée, méditée et prolongée ! Débats inter-culturels, débats inter-religieux, les deux dimensions sont évidemment nécessaires, dans le mutuel respect de nos différences et de nos convictions. La paix passe par le dialogue, le respect et l'ouverture.

Jean Bisson – 02 10 2010

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