28 décembre 2010 2 28 /12 /décembre /2010 00:01

Évoquons les deux premiers fils d'Adam et Ève en faisant remarquer que la descendance du premier couple ne s'est vraisemblablement pas limitée à des garçons ! Les filles ne sont jamais mentionnées dans les généalogies bibliques sauf lorsqu'elles ont laissé un souvenir précis.

Victor Hugo a immortalisé le meurtre d'Abel par son aîné dans le poème de la « conscience » qui se termine par l'alexandrin fameux "L'œil était dans la tombe et regardait Caïn". »

Pourquoi commencer par Abel ? Simplement parce qu'il précède son aîné dans la mort. C'est en effet, dans le récit mythique de la Genèse, le premier humain à mourir, à traverser l'expérience de la mort, avant même ses parents.

Abel est-il le nom sous lequel il a vécu ? Pas forcément. La racine sémite "B-L"  signifie « fils de Dieu » au sens de « Serviteur du Créateur ».

L'origine de la fraternelle querelle est bien connue : Dieu a béni les offrandes d'Abel. Caïn a ressenti de la jalousie et s'est vengé. Premier dépit suscité par l'envie de posséder la bénédiction accordée à son frère... Première violence, premier meurtre.

Abel premier serviteur de Dieu à passer par l'expérience de la mort, doit peut-être son nom biblique à cette primauté. Ce qui est remarquable, c'est que le nom d'Abel ne sera plus jamais cité dans l'Ancien Testament.

Par contre Abel ne cesse d'être présent dans la pensée de l'Église. Jésus et ses Apôtres, puis St Paul (1) n'ont cessé de rappeler le parallèle entre le sacrifice d'Abel, l'immolation de son fils demandée à Abraham, le sacrifice de Melchisédech (2) et la mort de Jésus sur la Croix. Abel est cité chaque jour dans le canon de la messe, il figure aussi dans la prière traditionnelle catholique qui accompagne les mourants, comme protecteur de l'âme qui va rejoindre son Créateur.

1- St Paul loue la foi d'Abel (Hébreux 11, 4 et 12, 24), comme Jésus l'a fait en mettant Abel au premier rang des prophètes (Matthieu 23, 31-35 et Luc 11, 49-51).

2- Melchisédech, roi de Salem (Gn 14, 18-20), est « prêtre du Très-Haut », il se trouve être le suzerain d'Abraham qui lui paie tribu. Pour autant, Melchisédech n'appartient pas à la tribut de Lévy qui fournit les prêtres! Jésus non plus n'appartenait pas à la tribu de Lévy... On voit tout l'intérêt de cette possibilité pour Dieu de susciter des "serviteurs" hors tradition de l'ancestrale tribu de Lévy !!! Et si Dieu, finalement, n'appréciait pas les monopoles !

Jean Bisson – 27 12 2010

 

 

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