14 décembre 2010 2 14 /12 /décembre /2010 00:01

(suite des mardis précédents)

Adam et Ève sont, dans la Genèse, le couronnement de la création universelle. Dieu les a placés dans l'Éden, où ils devaient vivre en toute félicité et en parfaite harmonie avec le Créateur, à la condition de ne pas manger le fruit de l'arbre de la science du bien et du mal. Que faut-il voir dans cette interdiction ? Un piège divin ? C'est ce que certains ont pu penser. 

La majorité des chrétiens font aujourd'hui une autre interprétation de ce récit. Le "péché originel" a été de désirer la plénitude de la connaissance, ce que Dieu, dans sa bonté paternelle, aurait souhaité leur éviter. Poussés par le serpent, nos symboliques ancêtres ont choisi de croquer la pomme. Aussitôt ils se sont vus nus et, entendant Dieu arriver, se sont cachés ! Première prise de conscience de la transgression, première tentative de dissimulation, première gêne d'être nus... Dieu ne peut alors que les abandonner à la liberté qu'ils ont choisie, pour eux et leur descendance. 

On doit remarquer que ce n'est pas Dieu qui crée le mal. Il est né du non respect de la consigne donnée: "Ne mangez pas du fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal". On peut se demander si nos premiers ancêtres mythiques étaient responsables de cette tentation diabolique symbolisée par le serpent... Oui puisqu'ils avaient été prévenus des conséquences qu'entraîneraient cet acte... 

Mais ce récit va beaucoup plus loin... Car Dieu va se trouver frustré ! Frustré d'être séparé des hommes qu'il a créés pour peupler la terre. Et dès lors c'est tout le processus de "rédemption" qui se met en place dans un "plan divin". Cette rédemption passera par Noé et sa descendance, objet de la première alliance, puis par Abraham et sa nombreuse descendance, puis par Jésus que l'on nommera le "nouvel Adam". Et tout chrétien se plmce dans la descendance spirituelle de ce Jésus dont on se prépare à commémorer la naissance, le 25 décembre. 

N'est-ce pas un superbe récit mythique expliquant la liberté de l'homme, la présence tentatrice du mal, et la volonté divine de fournir à l'homme, tout en respectant sa liberté, des chemins de rédemption, des voies conduisant au retour au séjour d'Éden (1), mais en passant nécessairement par l'épreuve de la mort.  (à suivre mardi prochain) 

Jean Bisson – 14 12 2010  

1- C'est toute la culture chrétienne de la "métanoïa" (mot grec signifiant "retournement" et que l'évangile nomme "conversion"). Tous les prophètes de l'Ancien Testament et tous les textes du Nouveau Testament appellent à cette transformation du cœur et de l'esprit humain. Jean-Baptiste et Jésus en feront même la condition sine qua non de notre réintégration dans le "royaume" du Père...

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commentaires

kouassi Assiè 14/12/2010 14:39



Où est ce qu'il est écrit dans la Bible que ADAM et EVE ont mangé une pomme?



jemo.bisson@wanadoo.fr 15/12/2010 17:43



Cher lecteur,


Merci pour votre question.


Au chapitre 2 de la Genèse, verset 9, la Bible dit " Le Seigneur Dieu fit germer du sol tout arbre d'aspect attrayant et bon à manger, l'arbre de vie au milieu du jardin et l'arbre de la
connaissance du bonheur et du malheur."


C'est ce troisième arbre, celui qui permet à l'homme de savoir être heureux ou malheureux que, dès les origines, les hommes ont voulu voir le pommier.


Au chapitre 3, versets 2 à 7, le récit biblique évoque le "fruit défendu" de cet arbre de la connaissance du savoir. Mais effectivement, jamis l'arbre n'est appelé "pommier" ni le fruit pomme.


Cependant, le mot pomme a pu être un terme générique signifiant "fruit". Dans plusieurs contes orientaux, on parle d'une "pomme d'or"... En italien, la tomate se dit "pommo d'oro"... Il y a
donc toute une tradition autour de la pomme, fruit très commun en Occident.


Mais vous avez raison ; le mot "pomme" n'est pas écrit dans la Bible grecque (la Septante) ni dans sa traduction latine (la Vulgate).


Jean Bisson