26 juin 2011 7 26 /06 /juin /2011 23:01

Les énergies fossiles (charbon – pétrole), héritage de milliards d'années de vie terrestre, ont une exploitation limitée, chacun en est aujourd'hui bien conscient. D'autres sources énergétiques naturelles et renouvelables sont aussi exploitées : l'eau des barrages, la force des marées, l'éolien, le solaire, la géothermie... On parle beaucoup aujourd'hui d'autres potentialités, et plus précisément de l'exploitation du gaz de schiste. C'est une ressource fossile naturelle, et on en connaît mieux l'existence depuis quelque temps. Selon les investigations actuelles, il semblerait que l'Europe – mais c'est sans doute parce que les Européens sont les premiers à avoir prospecté ce domaine – soit particulièrement riche en ce domaine, et la France serait elle-même bien placée. Chez nous les réserves déjà repérées pourraient couvrir environ un siècle de notre consommation ! Les principaux gisements se trouvent dans le Nord, dans le Bassin parisien, dans le Sud-Ouest, dans le Jura, en Lorraine, et jusque dans les Bouches-du-Rhône ! Que de belles perspectives pour les compagnies qui bénéficieront des droits d'exploitation !Mais, après ce petit siècle, que restera-t-il à l'humanité ?

Et c'est là que certains, dont je suis, commencent à s'indigner. Il faut en effet connaître les conditions d'exploitation de cette richesse en gaz. Elle se situe dans des couches profondes, entre 2 et 3 kilomètres de profondeur. Pour exploiter ce gaz aujourd'hui prisonnier des schistes, il faudra injecter des milliards de tonnes d'eau qui serviront à piéger le gaz en déstabilisant les couches naturelles. C'est cette « eau gazeuse » qui sera ensuite pompée et dont le traitement permettra de récupérer le gaz. Outre la quantité exorbitante d'eau utilisée, on risque fort de fragiliser l'équilibre et donc la stabilité des sous-sols, ce qui aboutirait sans doute à une profonde modification des sols et des conséquences imprévisibles sur les nappes phréatiques qui alimentent les systèmes hydrographiques naturels, et par voie de conséquence notre propre ravitaillement en eau potable...

Des forages ont commencé en Allemagne, en Suède, en Pologne. Au Royaume-Uni, au Danemark, et au Pays-Bas. En France, les compagnies n'attendent que le feu vert du gouvernement... Les écologistes sont nettement contre ce projet. Ce sera l'un des enjeux des élections de 2012 !

Un réel problème, au moment où on est en droit d'attendre une diminution des centrales atomiques, aura-t-on le courage d'envisager avec lucidité tout ce que ce nouveau combustible comporte lui aussi comme conséquences écologiques, climatique et risques majeurs quant à l'équilibre hydraulique des zones concernées ?

Jean Bisson – 27 juin 2010

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