12 juin 2011 7 12 /06 /juin /2011 23:02

Renversant : Les Sénateurs, le 2 juin dernier, en séance de nuit (à 2 heures 47 - une heure où vraisemblablement la majorité d'entre eux dormaient paisiblement dans leur lit) ont voté la création d'une "Journée nationale de la laïcité" à célébrer le 9 décembre à venir. Cette date correspond au jour du vote de la loi de séparation de l’Église et de l’État, le 9 décembre 1905.

On commémore toujours quelque chose du passé. Est-ce avouer que la notion même de laïcité appartiendrait désormais au passé ?

Sur ce point, je crois bon de m'indigner ! Et je rejoins ceux qui, je l'espère, seront nombreux à protester. La question est de savoir si la raison d'être de l'école publique reste ou non sa capacité à accueillir tous les enfants, quelles que soient leurs croyances ou appartenances religieuses.

La scolarité reste obligatoire, mais on peut constater que les moyens concédés aujourd'hui par l’État à l’École publique, sont de plus en plus insuffisants. Le nombre d'enseignants ne permet pas de remplacer le personnel malades ou les collègues qui sont dûment en congé. La formation initiale et la formation continue des enseignants ne sont plus assurées, économie oblige, à cause de la fermeture de toutes les instances spécifiques où se transmettaient les savoirs pédagogiques. La pédagogie, comme la psychologie, ne sont pourtant pas des sciences infuses...

Par ailleurs, n'existait-il pas déjà une date pour fêter les valeurs républicaines et démocratiques ? Le 14 juillet me semblait répondre à cette vocation. Faudra-t-il que chaque terme de la constitution française dispose de sa propre journée nationale ?

La laïcité est en péril. Et ce n'est d'en parler une fois l'an qui résoudra le problème. C'est une sérieuse question. Il faudra y être vigilant dans un an, aux élections.

Jean Bisson – 13 06 2011

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