28 février 2011 1 28 /02 /février /2011 00:01

Un agriculteur français, membre de la Confédération paysanne, dans  un rassemblement mondial sur l’évolution de l’agriculture se tenant  au Sénégal, déclarait dans un atelier sur l'agriculture familiale  « En France, il reste 2 % d'agriculteurs. Mais les céréaliers de la Beauce assèchent la nappe phréatique et  les éleveurs de porcs bretons polluent les eaux de toute une province. Tous touchent des subventions publiques ! Un tel modèle est inopérant. (…)  45 % des terriens vivent encore aujourd’hui de l'agriculture. Si ces folles techniques de l'agriculture à l'occidentale gagnent l’Amérique du Sud, l'Afrique, et l'Asie, que deviendront toutes les familles privées de toutes ressources ? » 

Une telle évolution ne serait-elle pas effectivement aberrante? Déjà ne voit-on pas dans nos supermarchés, à Noël, des roses vendues 1 euros, en provenance, par avion, d’Amérique du Sud… Sans parler de la pollution du transport aérien, s’interroge-t-on sur le salaire perçu par les journaliers qui brûlent leurs poumons à traiter sous serre et sans masque ces productions pour l’exportation ?

Indignons-nous d’une évolution qui n’a suivi que l’obsession de la mécanisation, du rendement et du profit. Rarement l’équilibre de la nature,  jamais la dignité humaine n’ont été pris en compte. Le mirage de l’urbanisation a cassé les liens sociaux naturels que nourrissait la ruralité. 

Par économie, aujourd’hui, l’état et les collectivités rognent sur les dépenses sociales, sur l’éducation, sur la santé, etc.  Il n’y a guère que sur la sécurité que l’on conserve quelque générosité, d’ailleurs sans vraiment de retour ! Quand les bases n’ont pas été assurées par une sérieuse éducation, répression et sanctions n’ont aucune chance d’arriver à socialiser ceux qui sont devenus délinquants.

Le challenge, ce serait une société mondiale à reconstruire, sur des bases plus justes et plus humaines… Curieusement, c’est la révolte des populations maghrébines qui ont déclanché la contestation populaire, pour une répartition plus juste des biens ! Ces révolutions ne pourraient-elles pas faire des émules, même en Occident ? Mais ce n'est sans doute pas ce débat qui a eu lieu au Salon de l'Agriculture 2011 !

Jean Bisson - 28 02 2011

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