23 décembre 2010 4 23 /12 /décembre /2010 00:01

Le cinéaste iranien Jafar PANAHI, âgé de 50 ans, qui, lors des élections présidentielles de 2009, avait soutenu un candidat de l'opposition au régime vient, selon son avocate, d'être condamné à six ans de prison et à l'interdiction pendant 30 ans de réaliser des films. Il était déjà en prison avant ce jugement et son passeport lui avait été retiré. Aucun déplacement à l'étranger ne lui avait été possible: invité au Festival de Cannes, à la Mostra de Venise en septembre dernier, sa chaise était symboliquement restée vide. Il ne pourra participer à la Berlinale (Festival international de Berlin) où il était invité à siéger dans le jury de sa 61ième édition, du 10 au 20 février 2011.

 

La solidarité des intellectuels, du monde des artistes et du cinéma n'a pas manqué de soutenir ce cinéaste libre. C'est toute la famille du cinéma, des arts et de la pensée qui s'indigne contre cette privation de liberté d'expression artistique, philosophique, politique. Du philosophe Bernard-Henri Lévy au Ministre de la Culture Frédéric Mitterrand, en passant par Thierry Frémaux (qui a organisé un comité de soutien avec la cinémathèque française et la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD) présidée par le réalisateur Bertrand Tavernier), sans oublier Serge Toubiana et Costa-Gavras (respectivement directeur-général et président de la cinémathèque) : tous s'accordent à dénoncer la condamnation de Jafar PANAHI.

 

Il est évident que ma très modeste voix participe à cette douloureuse évidence : il est trop de pays où, pour de mauvaises raisons politico-religieuses, les Droits de l'Homme et la liberté de penser et de s'exprimer sont bafoués.

  

En France, jusqu'à ce jour, ces libertés fondamentales existent. Chacun peut librement s'exprimer. Mais, si certains partis xénophobes, conservateurs, ou s'appuyant sur des conceptions religieuses antédiluviennes, venaient à s'emparer du pouvoir, notre pays ne pourrait-il pas, comme l'Iran aujourd'hui, basculer dans une semblable attitude envers tous ceux qui ne partageraient pas leurs positions ? Le jeu démocratique ne peut jamais garantir qu'une telle dérive n'aboutisse légalement. Restons donc vigilants : une certaine extrême droite, comme un certain fondamentalisme religieux pourraient provoquer de tels dérapages. Il faudra ne pas l'oublier aux élections de 2012.

  

Jean Bisson – 24 12 2010

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