21 juin 2012 4 21 /06 /juin /2012 23:00

On peut affirmer que l'Islam, dans son essence, est à la fois "religion" et "communauté". C'est important d'en prendre conscience à notre époque et plus spécialement en France où l'on oppose volontiers le communautarisme aux valeurs laïques et nationales.

Il est évident, pour un Musulman, que sa foi religieuse et que sa lecture de Coran prend en charge globalement toute sa vie, toute son approche de Dieu et toutes ses relations humaines, dans un seul élan (1). Tout est sacralisé. Cette appartenance règle tout et tout y est prescrit et jugé aux plans social, moral et politique (2).

Le Coran ( Sourate 3, 104 et 110) affirme que Dieu a confié à l'Umma, et par là à chaque croyant, de faire régner sur terre les prescriptions coraniques. Le Coran prévoit ceux qui ont charges de la communauté : Calife, Mufti et Qâdî.

Le Calife, fonction qui n'existe plus aujourd'hui que comme titre honorifique, est le prince ou souverain qui veille que son territoire (pays ou nation) vit conformément aux prescriptions de l'islam. (3)

Le Mufti est celui qui garantit l'adéquation coranique des décisions juridiques, on s'adresse à lui dans les "cas de conscience", et avant toute décision importante qui engage l'Umma. Le Mufti dit le droit islamique.

Le Qâdî est le juge qui applique la loi coranique aux cas concrets du quotidien.

On doit encore ajouter les Ulémas, de savants fidèles qui, sans constituer une hiérarchie, sont les garants de l'approfondissement des sciences coraniques.

A la différence du Christianisme, l'Islam n'a pas de "magistère", d'autorité humaine qui régit les coutumes religieuses; il n'a pas non plus de "clergé". Les Imams qui président la prière sont des guides liturgiques librement choisis par chaque Umma locale parmi les siens. Il en est de même pour le "Muezzin"  spécialement chargé d'appeler 5 fois par jour les fidèles aux prières rituelles obligatoires.

Jean Bisson  -  22 06 2012

1- C'est probablement sur ce point que se situe la base des clivages entre les diverses sensibilités musulmanes.

2- On touche ici la grande difficulté, surtout dans le domaine politique qui, depuis 14 siècles, a quelque peu changé!

3- Pour les Chîites, le chef de l'Etat doit descendre de la famille du Prophète. C'est par exemple le cas du Roi du Maroc, un Alaouite. Pour les Sunnites, il suffit qu'il soit issu de la "tribu du Prophète". Seuls les Kharijistes s'opposent depuis les origines au mode de choix héréditaire du Calife. Ils sont pour l'élection de celui qui présente les meilleures qualités. 

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commentaires

Clovis Simard 01/08/2012 03:11


Blog(fermaton.over-blog.com),No-19. - THÉORÈME ECKHART. -Les limites de la Modernité.