18 mars 2011 5 18 /03 /mars /2011 00:01

Le Japon est sous le choc. Le monde entier observe comment  les forces de la nature, prévisibles mais qui surprennent toujours, se jouent des constructions humaines, alors prises en défaut, N’est-ce pas le prix des choix  du meilleur intérêt économique immédiat ?

Que peut l’homme contre la puissance d’un tremblement de terre ?  On sait pourtant aujourd’hui où se situent les risques élevés : il suffit de suivre les failles que délimite la « tectonique des plaques ». Pourquoi alors s’installer là où potentiellement existe le danger maximum ?  Je me suis plusieurs posé la question, au cours de mes voyages. Pourquoi tant de victimes il y a deux millénaires à Pompéi ?  Simplement parce que les pentes du volcan sont très fertiles et plongent leurs pieds dans l’eau de la Méditerranée. ; intérêt et plaisir ont été plus forts que la peur. Pourquoi avoir construit, sur le côtes atlantiques françaises, un quartier pavillonnaire  au-dessous du niveau de la mer et qui a été ravagé par  une tempête qui emporta la digue ?

Pourquoi avoir planté d’importantes centrales atomiques, dans une zone où les tremblements de terre sont réguliers et en bordure de mer où un tsunami est possible ? Parce qu’on a l’espoir que tout se passera bien.  Confiance en la technique, au savoir faire des hommes. Oui, mais, par économie, on minimise les sécurités, il faut assurer d’abord la meilleure rentabilité… Et alors les bénéfices à réaliser passent avant  la sécurité ! N’est-ce pas pour cela que ces centrales nucléaires japonaises sont des «  entreprises privées » ?

On peut penser que l’Etat, quand il est  propriétaire, recherche moins la rentabilité ! Toutes les privatisations vont, c’est évident pour moi, dans le sens inverse.

Des dizaines de milliers de morts paient les choix politico-économiques du « miracle japonais ».  Ce pays qui importe tout, aussi bien sa nourriture que ses produits  industriels  de base,  ce pays qui pèse économiquement très lourd et s’impose dans l’équilibre financier mondial, va traverser des moments difficiles, mais, revers de la médaille, il sera obligé de se reconstruire dans une modernité qui, demain, en fera un concurrent encore plus efficace.

En attendant ce sont des milliers et même des millions de Japonais qui seront sans doute irradiés et potentiellement sacrifiés. 

Jean Bisson – 18 03 2011

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