7 janvier 2012 6 07 /01 /janvier /2012 00:00

Jehanne d'Arc est certes une figure emblématique dans l'Hexagone. Née en Lorraine dans le petit village de Domrémy, le 6 janvier 1412, cette très jeune fille s'illustra en prenant la tête d'une troupe, en forçant la porte du jeune dauphin Charles, en obligeant les Anglais à lever le siège d'Orléans, puis en pressant le sacre du roi qu'elle escorta jusqu'à la cathédrale de Reims. Dans cette époque noire de la "guerre de cent ans", Jehanne redonnait à notre pays un évident panache.

Mais on connaît la suite tragique de son aventure, puisqu'elle fut capturée à Compiègne par le Comte Jean de Luxembourg qui la vendit aux Anglais, lesquels la firent juger pour hérésie. Condamnée à mort par l’Évêque Cauchon (1), elle mourut brûlée vive devant la cathédrale de Rouen en 1431 ; elle n'avait que 19 ans !

L’Église, dès 1456, dénoncera ce procès pour vicede forme et le Pape Calixte III  fera réhabiliter Jeahnne et la reconnaîtra « martyre de la foi ». Ce ne sera pourtant qu'en 1909 qu'elle sera béatifiée et sa canonisation sera prononcée en 1921, il n'y a que 90 ans !

Le Président de la République française célébrait donc hier ce six centième anniversaire de la naissance de Jehanne d'Arc à Domrémy, insistant sur le fait que Jehanne n'appartient à personne en propre (2), mais qu'elle demeure un symbole de notre pays en lutte...

Il n'a pas tord. Mais son propre empressement à assister, à parler, à se mettre en scène, n'est-il pas aussi une certaine forme de récupération ?! Sa présence à Domrémy, et la popularité de Jeahnne « la pucelle », ne peuvent que lui assurer la sympathie des traditionalistes ou de gens proches de la droite extrémiste...

Bien des polémiques ont été développées au sujet de cette sainte. S'il est possible que certains détails de sa vie aient été enjolivés, l'essentiel de ses faits d'armes sont authentiques, avérés par les historiens les plus sérieux. Quant à sa canonisation, le peu d'empressement que l’Église a montré pour l'inscrire dans le palmarès des Saints, prouve qu'elle n'a pas été particulièrement favorisée ! Mais on n'avait pas attendu dans les paroisses de France à réserver une place de choix à cette sainte bien de chez nous ! (3)

Jean Bisson – 07 01 2012

1- Les « minutes » du procès ont été conservées et publiées.

2- Allusion au Front National qui dépose chaque année une gerbe devant la statue de la Sainte et a toujours pris cette sainte comme emblème.

3- De très nombreuse églises possèdent une statue de Jehanne d'Arc, en plâtre, de l'époque St Sulpicienne. Et de nombreux ouvrages ont été consacrés à cette figure haute en couleur durant tout le 20° siècle.

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