1 avril 2012 7 01 /04 /avril /2012 23:01

Si j'avais à m'exprimer sur les fruits de ce Concile qui, en son temps - j'avais alors 30 ans - m'avait apporté espoir et comblait de grandes attentes, je retiendrais 3 domaines : la réforme liturgique, l'appréhension des nouveaux moyens de communication, et la déclaration "Dignitatis humanae" reconnaissant la liberté religieuse à tout citoyen. Je consacre ma brève de ce jour à ce dernier point.

Dès son préambule, ce texte - cosigné notamment par le Cardinal Duval, alors archevêque d'Alger - affirme: "La dignité de la personne humaine est, en notre temps, l’objet d’une conscience toujours plus vive; toujours plus nombreux sont ceux qui revendiquent pour l’homme la possibilité d’agir en vertu de ses propres options et en toute libre responsabilité; non pas sous la pression d’une contrainte, mais guidé par la conscience de son devoir." (1)

On y lit (2) :"Ce droit de la personne humaine à la liberté religieuse dans l’ordre juridique de la société doit être reconnu de telle manière qu’il constitue un droit civil." Il est ensuite précisé (3): "C’est donc faire injure à la personne humaine et à l’ordre même établi par Dieu pour les êtres humains que de refuser à l’homme le libre exercice de la religion dans la société, dès lors que l’ordre public juste est sauvegardé."

Les Pères conciliaires appuient enfin sur les devoirs qui découlent de cette liberté (4): "Dans l’usage de toute liberté doit être observé le principe moral de la responsabilité personnelle et sociale: la loi morale oblige tout homme et groupe social à tenir compte, dans l’exercice de leurs droits, des droits d’autrui, de leurs devoirs envers les autres et du bien commun de tous. À l’égard de tous, il faut agir avec justice et humanité."

Et ce document de conclure: "Il est, en effet, manifeste que les peuples sont aujourd’hui portés à s’unir toujours davantage; que des relations plus étroites s’établissent entre populations de culture et de religion différentes; que s’accroît la conscience prise par chacun de sa responsabilité personnelle. Pour que des relations pacifiques et la concorde s’instaurent et s’affermissent dans l’humanité, il est donc nécessaire qu’en tous lieux, la liberté religieuse soit sanctionnée par une garantie juridique efficace et que soient respectés les devoirs et les droits suprêmes qu’ont les hommes de mener librement leur vie religieuse dans la société."

Sur ce texte - et sur la lecture que j'en fais -, j'ai depuis un demi-siècle établi mes convictions, notamment dans le domaine du dialogue interreligieux, et je demeure convaincu que ce que je pense juste dans le champ de l'adhésion religieuse, devrait l'être dans le domaine des relations humaines entre groupes ethniques, entre cultures, en dépit des séquelles de l'histoire. Rester prisonnier d'un héritage historique ne bloque-t-il pas les situations par un refus justifié par le passé mais non ouvert sur un futur différent? Je crois que la paix est un pari, sans doute angélique: ne pas refuser d'essayer de vivre ensemble dans un mutuel respect de nos différences. Et c'est ainsi que je lis cette note du Jésuite Dominique Gonnet :"L'homme étant à l'image de Dieu, lorsque le Concile parle de l'homme, il parle de Dieu. En l'occurrence un Dieu non seulement miséricordieux, mais encore infiniment respectueux de la liberté de l'homme".

C'est cette certitude que je retiens de ce document de Vatican II.

Jean Bisson - 02 04 2012 (Lundi prochain : "Concile et Réforme liturgique")


1- C'est dans cet esprit que je m'exprime dans ce  blog.

2- Chapitre 1 - alinéa 2.

3- Chapitre 1 - alinéa 3 - 4° paragraphe

4- Chapitre 1 - alinéa 7 - 2° paragraphe

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