4 mai 2012 5 04 /05 /mai /2012 23:01

Bien des esprits se sont échauffés et trop de discours ont dérapé à l'approche du second tour des élections présidentielles. L'Eglise a une règle nette, celle de s'interdire toute consigne ou recommandation de vote. Chaque croyant, lorsqu'il vote est d'abord un citoyen responsable et libre de son choix politique. Deux éléments  soulignent bien pour moi cette liberté et je crois bon de les souligner.

1- Laurent Grzybowski (l.grzybowski@lavie.fr), responsable du magazine "La Vie" s'étonne que "... plusieurs personnalités ou associations catholiques aient carrément appelé à voter pour le candidat de la droite, Nicolas Sarkozy. A notre connaissance, aucun appel n'a été lancé dans l'autre sens." 

Je salue son honnête émotion et sa démarche et je suis pleinement d'accord avec sa conclusion : "Comment promouvoir l'humanité de l'homme et construire une société suffisamment solide où chacun puisse prendre sa place, notamment les plus faibles et les plus fragiles ? Répondre à cette question relève du secret de l'isoloir et de l'intimité des consciences. Puissent ces dernières contributions au débat éclairer le choix de chacun." 

2- La position historique et courageuse de François Bayrou, leader du "Centre droit", qui, se démarquant des avances faites par M. Sarkozy en direction du Front National, n'a pas donné de consignes de vote, mais a eu le courage d'annoncer qu'il voterait pour François Hollande. Décision éthique, choix héroïque, car il sait que cette option le coupe à jamais de la droite classique sans lui ouvrir d'avenir avec la gauche. Mais je crois, comme lui, que c'est le bon pari pour la justice sociale, et, je veux le croire, pour la dignité de la France pour un avenir plus juste pour les Français. 

En conclusion,  comme chrétien, pourquoi ne rappellerai-je pas la remarquable "Note doctrinale" publiée fin 2002 par la Congrégation pour la doctrine de la foi. N'est-ce pas ce texte qui parle d'exigences éthiques fondamentales auxquelles personne ne peut transiger en politique. Cette note soulève sept points fondamentaux parmi lesquels j'en relève quatre: le droit à la liberté religieuse de toute personne, le développement d'une économie au service de la personne et du bien commun, le respect de la justice sociale dans la répartition des revenus et le principe incontournable d"une solidarité humaine universelle. Nous sommes loin, me semble-t-il, des orientations du Front National.

Enfin je déplore les insultes et les brutalités qui, lors de dernières réunions des soutiens de l'UMP, ont touché certains journalistes présents pour exercer leur métier. L'exaspération n'est pas une excuse.

Jean Bisson - 05 05 2012

Partager cet article

Repost 0

commentaires