29 février 2012 3 29 /02 /février /2012 00:01

La société, nul ne le peut nier, est en profonde mutation dans ce siècle commencé. Même si c'est surtout en Occident que le changement est le plus perceptible. Les "printemps arabes" me semblent un indice de cette révolution humaine dans sa version orientale. Mais je pense aussi que la décolonisation africaine réalisée dans la seconde moitié du siècle dernier était déjà un signe préfigurateur du tournant qui remet en cause l'immuable tradition du mariage.

 

Non seulement les structures du mariage, du couple, des normes sexuelles sont ébranlées et mettent en cause les traditions sociales, mais cette nouvelle mise en perspective qui touche à la remise en cause non seulement de la perpétuation de l'humanité, mais touche à l'identité sexuelle même de l'individu et oblige finalement, non seulement la société civile mais aussi la pensée religieuse à se remettre en cause.

 

D'un point de vue humain, les sociétés ont fait des progrès incontestables, dans le respect des femmes, dans leur droit reconnu à maitriser leur fécondité, dans le droit de demander le divorce; elles ont pu participer aux responsabilités dans le domaine du travail comme en politique.

Reste le domaine religieux. Et dans ce domaine,  si de timides avancées ont été faites, ne voit-on pas des retours en arrière significatifs dans les trois religions abrahamiques? Chez certains juifs ultraconservateurs, à Jérusalem, dans le bus et autres transports en commun, de nombreux incidents ont eu lieu récemment car des femmes s'étaient assises à l'avant des bus, places réservées aux seuls hommes ! Chacun connaît la recrudescence du voile porté par certaines Musulmanes, même en France...

 

Mais chez les Catholiques, est-ce tellement mieux? Les femmes sont toujours reléguées au niveau même des liturgies dans des rôles de lectrices. Ce n'est guère que dans le domaine de l'accompagnemennt des familles en deuil qu'elles ont, dans certaines paroisses, le droit de célébrer des funérailles religieuses.

 

Pourquoi un tel blocage?  Sans doute pour des causes théologiques, car le mariage reste - pour l'Eglise - un symbole très fort du lien qu'est le sacrement du mariage, un engagement donné, une parole engagée, à l'image de l'Alliance entre Dieu et Abraham. Alliance absolue qui s'est définitivement conclue avec Jésus s'offrant en réparation des ingratitudes de toute l'humanité. Mais le Dieu de la Bible a toujours laissé à chaque individu sa liberté. Si Dieu n'accueille que ceux qui lui sont restés toujours fidèles, il y a peu de risque que le Paradis soit très encombré !  Mais je pense qu'un autre volet de la rédemption s'appuie sur l'infinie miséricorde du Père envers toute l'humanité. Alors chacun garde une chance !

 

Reste enfin, d'un point de vue simplement relationnel, que la séparation d'un couple est une constatation d'échec. Et cette rupture entraîne souvent des problèmes, voire des traumatismes au niveau de l'éducation des enfants. C'est le domaine dans lequel on doit être le plus vigilant.

 

Jean Bisson - 29 02 2012

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