11 juin 2012 1 11 /06 /juin /2012 23:01

Qu'une Eglise luthérienne de Suède (1) célèbre un mariage homosexuel met-il en péril de l'œcuménisme? Cette question m'a été posée. J'y réponds.

Il semblerait qu'en Suède, l'Eglise luthérienne accepte le mariage homosexuel reconnu légal par la loi civile Cette information, à vérifier, provoque chez certains Chrétiens des inquiétudes. Ce n'est pas sans raison, mais il faut être clair et bien préciser les choses. 

L'Eglise catholique romaine reste sur ses principes. En France, le mariage, en tant que sacrement religieux (2), n'est possible et valide qu'à certaines conditions. D'abord il n'est célébré qu'près instruction d'un dossier, après la fourniture d'une attestation de mariage civil préalable, avec une attestation  signée par les deux fiancés que leur engagement est totalement libre et n'a été soumis à aucune pression extérieure.

En Suède, l'Etat reconnaissant aujourd'hui le mariage homosexuel, l'Eglise luthérienne a emboîté le pas aux lois de l'Etat laïc. C'est une logique politique. Pourquoi une tel mariage ne pourrait-il pas être célébré par l'Eglise Catholique romaine?

Pour les Catholiques romains, le mariage est un sacrement entre Dieu et le couple qui s'engage dans l'accomplissement de la Création universelle. Le couple "bisexuel" est alors considéré comme habilité à procréer; à poursuivre la Création divine. Et bien sûr, c'est depuis nos origines la  prérogative des couples bisexuels. Cette "théologie" est la réflexion des croyants se reconnaissants héritiers d'Abraham, de la Bible, de Jésus et de l'Eglise. C'est la tradition.

Aujourd'hui, le monde, qui s'est sécularisé, contient d'autres approches religieuses, et surtout des approches d'une humanité dont bientôt la moitié est agnostique, voire incroyante.

Quel est alors pour ces non-croyants le sens mariage? Et comment nier la reconnaissance légale de couples homosexuels, de plus en plus nombreux? 

Au nom de la liberté individuelle - un bien et un droit universel - je ne juge pas ceux qui sont différents. Que les couples homosexuels revendiquent le droit à un statut social me semble logique. Comme me semble cohérent que l'Eglise catholique refuse le sacrement de mariage à de tels couples. Cette position rejoint d'ailleurs la situation douloureuse des divorcés, l'Eglise se refusant à accepter de les "re"-marier (2) et les privant des autres sacrements.

Mais l'Eglise, généralement, ne refuse jamais d'accompagner ceux qui se trouvent dans une situation "marginale". Elle ne se substitue pas au jugement divin. L'œcuménisme reste un dialogue toujours ouvert pour expliquer nos différences. On doit toujours persévérer dans le dialogue, même si chacun maintient son point de vue. Les divergences sont les fruits d'évolutions séparées, d'histoires locales à prendre en compte.

N'oublions jamais que chaque individu reste libre. Libre et responsable en conscience. Dieu seul jugera de notre sincérité.

Jean Bisson - 12 06 2012 

1- Il s'agit d'une "Eglise d'Etat", comme l'est, en Grande Bretagne, l'Eglise anglicane. Ces églises, liées au pouvoir politique temporel et dépendant financièrement de l'Etat ne semblent donc pas posséder leur pleine liberté sur le plan théologique.

2- L'indissolubilité du "mariage chrétien" est le principe qui découle de l'engagement des époux pris devant Dieu. Ce "contrat" est pris pour la vie. Dieu ne se désengage jamais. Mais l'Eglise, qui n'est que le témoin de cet engagement, peut admettre la nullité d'un mariage. Le divorce n'est pas possible, mais si les conditions du sacrement n'étaient pas respectées, alors la nullité (non validité) peut être reconnue par l'autorité romaine.

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