21 août 2010 6 21 /08 /août /2010 23:02

J'ai reçu ce billet d'un l'Abbé qui, dans le domaine liturgique, assure une présence catholique que j'apprécie. Il réagit fermement sur le ton et le vocabulaire - provocateur pour le croyant - qu'utilisent parfois inconsciemment les professionnels de la communication. Je suis d'accord sur le fond de sa sainte colère!

Jean Bisson 22 08 2010  (demain : " des anges...",  une belle leçon de sagesse ...)

Le matin du 15 août à 7 heures, comme à mon habitude, j'ai écouté les informations sur France Inter. J'ai été attentif à ce que disait le journaliste sur le pèlerinage national à Lourdes. Mais j'ai sursauté quand il a parlé de la "supposée montée au paradis de la Vierge Marie."

Oui, bien sûr, nous sommes dans une société laïque et tout le monde n'est pas obligé d'adhérer à la foi catholique. Mais dans l'esprit de certains, il y a une confusion sur ce mot "laïque". La vraie laïcité n'est pas le combat contre les religions mais le respect de toutes. C'est ce que nous enseignons aux jeunes qui sont en collège public. Si nous voulons qu'ils se respectent entre eux, nous nous devons de leur donner l'exemple.

Chacun est libre d'être en dehors de toute religion, mais il doit se faire un devoir de les respecter. Imagions ce qui se serait passé si, lors de l'ouverture du Ramadan, ce même journaliste avait parlé du Coran "supposé dicté par Dieu". Il y aurait eu des réactions très violentes. Un autre jour, on nous parle de la Vierge qui "serait apparue à Bernadette". Toujours ce conditionnel pour montrer que l'on fait partie des gens intelligents qui n'y croient pas.

Ce genre de réflexion n'a rien à voir avec ce que nous attendons des journalistes. Ils ont une mission d'information sur des faits, par exemple les rassemblements de l'Assomption, les pèlerinages… Ils peuvent rappeler un dogme en disant : "les catholiques croient que Marie est entrée au Paradis. Ils peuvent préciser que ce dogme a été promulgué par le pape Pie XII le 1er novembre 1950. Mais ils n'ont pas à porter de jugement sur ce en quoi nous croyons. Leur profession les oblige à respecter tous leurs auditeurs, y compris les catholiques.

Les associations chrétiennes ont souvent été en première ligne dans l'éducation, le combat contre la misère, la lutte contre l'exclusion. Ils ont agi non pour leur intérêt mais pour répondre à un appel de Dieu qui est toujours du côté des plus petits, de ceux qui ne comptent pas aux yeux de la société. Ils ont la première place dans son cœur.

Pour terminer, je vous invite à méditer ce refrain de Noël Colombier : "On fait souvent des murs avec des mots, alors qu'on devrait faire des ponts."

Jean Compazieu, prêtre

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