20 février 2012 1 20 /02 /février /2012 00:01

Une polémique divise le monde de la "recherche scientifique". C'est une question d'éthique qui concerne tous les citoyens de la planète. En effet, deux équipes de chercheurs, l'une américaine, l'autre européenne (néerlandaise) ont publié récemment le fruit de leur recherche : ils ont mis au point un virus muté à partir du virus aviaire H5N1 mais qui, sélectionné et modifié, est devenu apte à se transmettre entre humains.

 

Alors qu'on manque de fonds pour tant de recherches médicales, alors que des milliards d'être humains sont en état de malnutrition, alors que chaque hiver, dans tous les pays nantis, par milliers, des pauvres passent les nuits d'hivers dehors, quelle priorité pousse des scientifiques et des laboratoires à investir des fonds importants et mettre au point un virus destiné à tuer une partie de l'humanité? Que répondre à ce truisme?

 

Toute recherche, en soi, est une bonne chose. Elle fait croître nos connaissances. Peut-on oublier les recherches de Louis Pasteur et sa découverte du vaccin contre la rage? L'académie de médecine n'y était pas favorable, et pourtant, seul contre tous, c'est lui qui avait raison.

 

Durant le III° Reich, le nazisme encourageait de semblables recherches et expérimentait sur des prisonniers politiques. Certains scientifiques et médecins allemands pensaient servir ainsi l'idéal de leurs dirigeants. D'autres ont eu le courage de refuser des pratiques ne correspondant pas à l'éthique qu'ils se faisaient de leur responsabilité. Si le nazisme a été combattu et vaincu, c'est qu'il affichait une vision raciste de l'humanité.

 

Si toute recherche scientifique peut être positive, c'est en vérité l'usage qu'on en fait qui est bon ou mauvais. S'il n'y avait pas de fructueux profits possibles, aurait-on engagé ces recherches? La seule bonne suite à donner, c'est maintenant de s'attacher à fabriquer l'anti-virus correspondant, pour ne pas être pris au dépourvu dans le cas où une mutation du virus se produirait naturellement. 

 

Mais il me paraît évident qu'il faille refuser et même interdire tout usage stratégique de tels virus fabriqués. Et le seul moyen pour qu'aucune fuite ne puisse avoir lieu, c'est tout bêtement que les inventeurs s'interdisent toute commercialisation de leur découverte !

 

Dans l'environnement actuel de libéralisation total du commerce international et du culte du profit, dans la perspective raciste d'un monde auquel rêvent certains extrémistes, n'est-ce pas prendre un risque de mettre une telle nuisance à la portée de tout acheteur et donc potentiellement du terrorisme international? Le risque semble malheureusement réel.

 

Si des laboratoires ont investi dans ce domaine, est-ce pour une recherche pure ou parce qu'il existe de potentiels acquéreurs? Tel est le problème éthique qui oppose aujourd'hui les chercheurs. L'OMS, en réunion exceptionnelle à Paris les 16 et 17 février derniers, pense trouver une solution pour apaiser cette tension. Au delà de cette querelle, il en va de l'avenir ce l'humanité.

 

Jean Bisson - 20 02 2012

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