19 février 2011 6 19 /02 /février /2011 00:01

En Colombie, le 12 février, un prêtre de 26 ans a été mortellement agressé par arme à feu par un jeune, mineur, qui aurait été arrêté. Le père Luis Carlos Orozco Cardona, ordonné il y a moins d’un an, était vicaire à la cathédrale du diocèse de Sonson-Rionegro. Pour les milieux de l’Eglise locale, cet acte odieux est la preuve de la  crise des valeurs humaines et chrétiennes dont souffre une société qui a oublié Dieu et qui n’a plus que du mépris pour la vie humaine et plus aucun respect de la dignité de la personne humaine.

Au Bangladesh, dans le village de Chamta, Hena Begum, 14 ans, avait été violée dans la nuit du 30 janvier par son cousin Mahbub, âgé d'une quarantaine d'années. Alertés par les cris de la victime, la femme de Mahbub et son frère étaient accourus sur les lieux et s'en étaient pris à l'adolescente qu'ils avaient battue, l’accusant d’avoir séduit son oncle. Le lendemain, la nouvelle s'étant ébruitée, une dizaine d'habitants du village, dont Idris Fakir, membre de l'union parishad (unité administrative locale), un enseignant de la madrasa de Chamta et l'imam de la mosquée, se sont rencontrés et ont décrété une fatwa condamnant le violeur à verser une amende et à recevoir 200 coups de fouet en public, mais ordonnant également qu’Hena, la victime, subissent 100 coups de fouet pour «participation au crime» ! Bien que les lois du Bengladesh interdisent ce type de justice religieuse locale, la sentence fut immédiatement exécutée et Hena en est morte ! Suite à une plainte déposée par le père de Hena, sur les personnes impliquées dans la mort de sa fille, seuls l'imam, Idris Fakir (qui avait tenté de dissuader le père de la victime de porter plainte en lui proposant une importante somme d'argent) et deux autres personnes ont été écroués. Mahbub, le violeur, et quelques autres suspects sont actuellement en fuite et recherchés par la police.

Sans aller aussi loin, dans notre pauvre France, trop de disparitions et de meurtre ne sont-ils pas commis ? On mesure combien la violence, le mépris de la personne, et l’indifférence par rapport aux lois qui régissent toute société sont devenus, dans le monde entier, courants. Il n’y a pas de vie sociale sans règles, comme il n’y a pas de paix internationale sans contrat respecté, sans pacte, sans respect de l’engagement passé et de la loi.

La crise des valeurs morales, on le constate même en France, et dans les plus hautes sphères, est inquiétante. Il vrai que, pour faire des économies, on a retiré des programmes les leçons d’Instruction Civique et de Morale… Pour des économies, et aussi parce que de tels enseignements sont sans doute considérés comme ringards, dépassés ! On ne peut cependant que mesurer les conséquences de ce vide !

Jean Bisson 19 02 2011

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