8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 00:01

Parlant de "Musulmans",  Brice Hortefeux, alors Ministre de l'Intérieu, avait proclamé : "quand il n'y en a qu'un, ça va. C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes !"

En soi, cet aphorisme n'est pas faux ! En effet, l'esprit d'un musulman (pratiquant ou non) ne fonctionne pas selon les mêmes schémas mentaux qu'un occidental de culture chrétienne. C'est une réalité culturelle. Dans une tête musulmane, rien de semblable. L'Islam est une foi religieuse, une théologie, un code de droit, un modèle social et politique, une culture et une tradition. Mais, autant il existe de Musulmans, autant il se trouve d'interprétations de la référence constituée par le Koran.

Pour un esprit français, il existe naturellement, comme une évidence, une équation magique entre "République" qui implique "démocratie" et "laïcité", qui implique aussi "modernité" et "égalité des sexes"... et qui, consciemment ou non, évoque "christianisme" et "Occident". Ces références, avec toutes leurs nuances, sont les fruits de notre culture.

Je pense que cet aspect spécifique qui existe entre Musulmans-Orientaux et Occidentaux-de culture chrétienne peut aider à comprendre certains comportements actuels, en lien avec les "printemps arabes" qui secouent nos schémas habituels de pensée.

Pourquoi l'islamisme qui se révêle aux résultats d'élections récentes nous fait-il peur? Chacun sait pertinemment que ces pays sont profondément islamisés; il est donc naturel que tous les partis se réclament de l'Islam, mais les uns sont conservateurs et fondamentalistes, d'autres sont islamistes-progressistes, d'autres sont religieux-néo-libéraux, comme il existe aussi des modernistes, nuancés ou non d'agnosticisme. Bref, chaque Musulman reste libre de ses choix. Ils sont cependant unanimes à se regrouper autour de la notion de nationalisme! De fait, les conflits qui déchirent aujourd’hui les sociétés islamiques sont internes à celles-ci. Ils opposent les musulmans entre eux, plutôt que ceux-ci à l'Occident. Ainsi en est-il en Libye, en Égypte et en Tunisie, comme en Afghanistan et au Pakistan, en Irak, ou en Turquie !

Pour moi, la composante islamique n'est pas le facteur primordial. Tous les pays du monde islamique sont, comme les pays occidentaux (Europe, États-Unis compris) et même les géants que sont les pays émergents (Chine, Inde, Brésil, etc.), le monde entier est affronté à un problème social et non en but à un problème de divergences religieuses. C'est sur l'avenir social et économique que les pays choisiront qu'ils assureront ou non leur stabilité et leur prospérité. Développements sociaux et droits de l'homme s'imposeront alors d'eux-mêmes aux sociétés mondialisés à venir.

Pour autant, les nations de demain ne seront pas des espaces sans religions; c'est aussi l'enjeu du dialogue inter-religieux qui ne cesse de se développer.

Jean Bisson 08 12 2011

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