14 septembre 2011 3 14 /09 /septembre /2011 23:01

Le ministre de l’Éducation nationale a demandé au corps enseignant du primaire, nos "Professeurs des Écoles", de commenter chaque matin une maxime morale. Cela me rappelle les années 1940/1944, lorsque mon instituteur, comme tous ses collègues, se trouvait chaque matin dans l'obligation de commenter la citation du jour calligraphiée au tableau, et que chaque élève devait reproduire, avec application, sur son "cahier du jour", après y avoir mentionné la date. La mission éducative de l'école était à cette époque, il faut le souligner, appuyée par deux autres autorités : la famille et le catéchisme... C'était la convergence de ces trois signaux éducatifs qui construisait les références de la moralité sociale et individuelle.


Depuis, certes, les temps ont bien changé et il est évident que la morale républicaine en a pris un sacré coup! Peu d'enfants sont aujourd'hui catéchisés. Dans nombre de familles les références morales n'ont pas été inculquées aux actuels parents ; il leur est donc bien difficile de transmettre ce qu'eux-mêmes n'ont pas reçu ! Pour poser des bases morales, seule reste donc aujourd'hui l'école. Il est évident que son unique autorité sera moins performante alors que le quotidien fournit tant d'autres contre-témoignages...


On parle de millions régulièrement offerts à de hauts responsables de l’État par "valises" de billets envoyés par des Chefs d’État africains... La Justice poursuit M. Guérini, Président de Région pour malversations financières... Oublions la triste affaire DSK qui occupe les médias, sur un autre sujet que celui de l'argent. Et je lisais hier un article sur les hautes personnalités qui, dans le monde, sont visées ou déjà condamnées pour des affaires de mœurs... Le cas de l'ancien Ministre de l’Éducation, Luc Ferry, payé sur un poste de Faculté, alors qu'il n'y a jamais assuré de cours, mais qu'il travaille pour un ministère comme Président du « Conseil d'analyse de la société ». A qui profite ce transfert de charges ? Chirac, malade (je veux bien le croire, bien qu'il soit mon cadet de six mois...) ne se présente pas devant les juges pour répondre d'emplois fictifs que la Mairie de Paris payait, manière de financer (aux frais du contribuable) les permanents de son parti politique. C'est du passé, n'en parlons plus... Sarkozy, qui a tenté de placer son fils (21 ans – et en 1ère année de Fac...) à la tête d'un très important établissement d'aménagements publics du territoire : n'est-ce pas un peu gros ? Oublions puisqu'il a abandonné. Et on pourrait aussi parler des affaires Béthencourt-Woerth, et de tous ceux qui préfèrent aller vivre à l'étranger pour payer moins d'impôts, de tous ceux qui trichent sur leur déclaration fiscale, de ceux qui oublient de régler la TVA ...


Si l'école primaire doit assurer à elle seule le redressement moral du pays, plutôt que de réduire le nombre des enseignants, ne faudrait-il pas en augmenter considérablement le nombre et y envoyer tout responsable, tout administrateur, tout élu ou réélu, afin qu'ils y re-découvrent les notions basiques de la morale ?


Jean Bisson – 15 09 2011

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