12 mars 2011 6 12 /03 /mars /2011 00:00
En Egypte et en Lybie, un triste volet du Printemps arabe s’est manifesté : le sort des étrangers, les travailleurs expatriés. J’avais été surpris, lors d’un voyage en Libye, du nombre élevé d’Egyptiens, de Tunisiens, de Marocains, et de travailleurs issus de divers pays d’Afrique noire (Erythréens, Ethiopiens, Somaliens, Soudanais et divers réfugiés politiques provenant d'Afrique de l’West). Commerces, entreprises, hôtellerie et restaurants appartenaient à des Libyens mais tous les employés étaient de jeunes immigrés.
Une véritable crise humanitaire a suivi les manifestations déclenchées dans le Maghreb. La situation de milliers d'étrangers est devenue dramatique, ces derniers étant considérés soit comme des mercenaires par les insurgés, soit pour des agitateurs pas les partisans du régime. Nombreux de ces expatriés, terrorisés, ont tenté de fuir, abandonnant le peu de biens qu’ils avaient acquis par leur travail. En Libye, les étrangers se sont trouvés pris entre deux feux : celui des manifestants qui voyent en eux des mercenaires à la solde du régime, et celui de la troupe présidentielle, les  considérant comme alliés des insurgés.
Plus de 2000 Erythréens qui se trouvent à Tripoli, réfugiés politiques, se sont adressés aux structures de l'Église locale, demandant aide et assistance en attendant un possible exode, mais quel pays d’accueil, respectant les droits de l'homme, accueillera ces Erythréens réfugiés politiques à Tripoli ?
En Tunisie, plus de 18000 Réfugiés croupissent, certains depuis 3 semaines, dans des camps, comme celui de Choucha. Désargentés, ayant tout perdu sauf la vie, ils attendent une aide internationale qui affrète des avions pour permettre leur retour dans leur pays d’origine, ou, pour ceux qui avaient déjà fui leur propre pays pour des raisons politiques ou religieuses, dans un très hypothétique pays d’accueil. Comment rester insensible à une pareille détresse ?
Jean Bisson 12 03 2011 

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